Communiqué de presse

Un nouveau test sanguin pour le dépistage précoce de l'arthrose

Un lien a été trouvé entre l’arthrite et la fixation d’un sucre sur les protéines qui diminue les propriétés mécaniques des articulations.


Quelle sont les questions que l’on se pose lorsque le développement de l'arthrite est suspecté? Est-ce bien de l'arthrite? De quel type s'agit-il? Est-ce que ça va empirer? Mon traitement fonctionne-t-il?...

La réponse à ces questions sera bientôt possible  grâce à la découverte dans le sang d'un nouveau marqueur résultant de la glycation des protéines. Ce marqueur appelé « glucosépane » est augmenté  dès les premiers stades du développement de la maladie.

Des études menées par le Dr Naila Rabbani de la Warwick Medical School et le professeur Yves Henrotin, directeur de l'Unité de recherche sur les os et les cartilages de l'Université de Liège (ULiège), et des collègues de l'Université de Birmingham et de l'Université d'East Anglia, ont montré la présence accrue de glucosépane dans le sang des patients souffrant d'arthrose.

Chez des cobayes développant de l'arthrose présentant de nombreuses similitudes avec l'arthrose chez les humains, les chercheurs ont trouvé un lien étroit entre le taux de glucosépane dans le sang et la gravité des lésions du cartilage et sa rigidité.  Ces résultats se vérifient aussi chez les patients : le glucosépane est augmenté de 38 % dans le sang des patients souffrant d’arthrose débutante  et de 600 % dans les formes  sévères de la maladie. Ces données encourageantes suggèrent que le glucosépane serait un marqueur sanguin très sensible de diagnostic de l’arthrose, mais surtout de sa gravité.

Le glucosépane résulte de la réaction chimique du glucose avec certains acides aminés des protéines. Au niveau du cartilage, le glucosépane forme des liaisons irréversibles entre les molécules de collagène. Avec l’âge, il s’accumule dans le cartilage et augmente sa rigidité. Lorsque l'arthrite se développe, la destruction du collagène augmente et le glucosépane est libéré dans le sang. La mesure par spectrométrie de masse du glucosépane sanguin permet alors de diagnostiquer l’arthrose à un stade précoce de la maladie.

Le Dr Naila Rabbani de la Warwick Medical School explique : « L'élimination du glucosépane des protéines articulaires et sa libération dans le sang font partie des changements protéiques qui surviennent très tôt dans le développement de l'arthrite. Donc, en les mesurant, nous obtenons un signal très précoce de la dégradation des tissus articulaires. »

« Ce marqueur pourrait  faciliter la mise au point de nouveaux traitements. »

Commentant également la découverte, le professeur Yves Henrotin de l’Université de Liège (ULiège) explique : « Aujourd'hui, le diagnostic de l'arthrose est basé sur les antécédents du patient, le recherche des facteurs de risque, l'examen clinique et la présence de signes radiologiques. Ce diagnostic est  tardif et survient lorsque des lésions irréversibles du cartilage sont présentes. Nous avons besoin de marqueurs sanguins pour diagnostiquer l'arthrose à un stade précoce, avant l'apparition de ces dommages irréparables. »

« Aujourd'hui, nous manquons de marqueurs sanguins indiquant l'importance relative des facteurs de risque de la maladie - par exemple, les processus liés au vieillissement, aux traumatismes ou à un métabolisme anormal. Le glucosépane pourrait être un  marqueur qui permet le dépistage et la surveillance des patients atteints d'arthrose. »

iconeInfo Artialis Group S.A., une société belge de biotechnologie, spin-off de l’ULiège (www.artialis.com), envisage la commercialisation de ce test.

Référence

Glycation marker glucosepane increases with the progression of osteoarthritis and correlates with morphological and functional changes of cartilage in vivo’, Arthritis Research and Therapy, (2018) 20:131 https://doi.org/10.1186/s13075-018-1636-6

Auteurs

  • Catherine Legrand, Bone and Cartilage Research Unit, University of Liège, Belgium
  • Usman Ahmed, Warwick Systems Biology centre, and Warwick Medical School, University of Warwick, UK
  • Attia Anwar, Warwick Systems Biology centre, and Warwick Medical School, University of Warwick, UK
  • Kashif Rajpoot, School of Computer Science, University of Birmingham, Birmingham, UK
  • Sabah Pasha, Warwick Systems Biology centre, and Warwick Medical School, University of Warwick, UK
  • Cécile Lambert, Bone and Cartilage Research Unit, University of Liège, Belgium
  • Rose K. Davidson, School of Biological Sciences, University of East Anglia, Norwich, UK
  • Ian M. Clark, School of Biological Sciences, University of East Anglia, Norwich, UK
  • Paul J. Thornalley, Warwick Systems Biology centre, and Warwick Medical School, University of Warwick, UK
  • Yves Henrotin, Bone and Cartilage Research Unit, University of Liège, Belgium and Department of Physical Therapy and Rehabilitation, Princess Paola Hospital, Vivalia, Marche-en-Famenne, Belgium
  • Naila Rabbani, Warwick Systems Biology centre, and Warwick Medical School, University of Warwick, Clinical Sciences Research Laboratories, University Hospital, Coventry; Research Technology Platform–Proteomics, University of Warwick; AGEomics and Systems Biology Research Group, University of Warwick, University Hospital, Coventry

Contacts presse

Dr Naila Rabbani, University of Warwick,
+44 788 085 0730, n.rabbani@warwick.ac.uk

Prof. Yves Henrotin, Université de Liège,
yves.henrotin@uliege.be

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