L’ULiège a donné la parole aux enseignants et aux chefs d’établissements d’enseignement secondaire en Belgique francophone

Dans le cadre de l’enquête TALIS de l’OCDE


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Cette enquête à laquelle la Fédération Wallonie-Bruxelles participait pour la première fois permet de comparer les conditions de travail et les perceptions du métier d’enseignant dans 48 pays.

L’OCDE vient de publier les résultats de TALIS (Teaching And Learning International Survey), une enquête internationale menée tous les cinq ans depuis 2008 sur les conditions d’enseignement, d’exercice du métier d’enseignant et sur les environnements d’apprentissage. L’enquête a donné la parole aux enseignants du niveau secondaire et aux chefs d’établissement dans 48 pays.

La Fédération Wallonie-Bruxelles y participait pour la première fois en 2018. La mise en œuvre de l’enquête pour la Belgique francophone a été confiée au Service d’Analyse des systèmes et des pratiques d’enseignement de l’Université de Liège, dirigé par la professeure Dominique Lafontaine.

L’enquête a concerné les enseignants du 1er degré de l’enseignement secondaire et leurs chefs d’établissement. En Fédération Wallonie-Bruxelles, un échantillon représentatif de 120 écoles a été constitué, et dans chaque école, 20 enseignants ont été invités à répondre à un questionnaire en ligne d’une durée approximative de 45 minutes. Les données sont publiées en deux vagues : ce 19 juin 2019 puis mars 2020.

L’enquête TALIS permet de récolter des données précises et représentatives sur les métiers, les conditions de travail, les pratiques et les représentations, et de les mettre en perspective en les comparant à celles des autres pays de l’OCDE et plus particulièrement celles de systèmes éducatifs proches, comme la Flandre, la France et l’Angleterre, ou exemplaires, comme la Finlande.

Les principales constatations pour la Fédération Wallonie-Bruxelles

Motivation, satisfaction et sentiment d’efficacité, image du métier

  • L’enseignement a été un premier choix de carrière pour 62% des enseignants du 1er degré du secondaire en moyenne. C’est surtout le cas pour les plus anciens et c’est moins le cas parmi les enseignants les plus jeunes (54% chez ceux qui ont moins de 5 ans d’ancienneté).
  • Les enseignants aiment leur métier : à refaire, 75 % referaient le même choix et la majorité des enseignants sont satisfaits de leur environnement de travail ; seule une minorité d’entre eux (15%) voudraient changer d’établissement.
  • Globalement, les enseignants se sentent efficaces et capables de faire face aux différentes facettes du métier. Leur sentiment d’efficacité est cependant moindre que dans les pays de l’OCDE en moyenne. Les enseignants avouent avoir parfois du mal à motiver les élèves peu intéressés. En revanche, ils se sentent capables (davantage que dans les autres pays) d’enseigner dans des classes multiculturelles.
  • Avec une moyenne d’âge de 40 ans, les enseignants du 1er degré en Fédération Wallonie-Bruxelles sont un peu plus jeunes qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE.
  • Les enseignants estiment que leur métier souffre d’un déficit d’image dans la société et dans les médias ; ils se sentent extrêmement peu valorisés, bien moins que dans les pays de l’OCDE.

Climat au sein des écoles

  • 96% des enseignants estiment que les relations enseignants-élèves sont bonnes.
  • Dans l’ensemble, le climat dans les écoles est jugé positif ; dans 28% des écoles toutefois, les directeurs font état d’actes d’intimidation et de harcèlement entre élèves (contre 14% en moyenne OCDE).
  • Les enseignants passent 20% du temps en classe à gérer la discipline, c’est plus qu’en moyenne dans l’OCDE.

Formation initiale et continue

  • Les enseignants s’estiment bien formés sur une série d’aspects généraux (contenus-matière, pédagogie, didactique), mais pointent des aspects sur lesquels tant la formation initiale que continue n’est pas satisfaisante ou suffisante à leurs yeux, en particulier les usages pédagogiques des TICE, l’enseignement en contexte multiculturel et la transition primaire-secondaire.
  • L’accompagnement des enseignants novices est encore timide comparativement aux autres pays, en particulier le mentorat est peu pratiqué (9% en FWB, 22% OCDE).

Les usages pédagogiques du numérique

  • Les enseignants se sentent peu préparés aux usages pédagogiques du numérique (20% seulement se sentent préparés contre 40 % moyenne OCDE).
  • Ils sont nettement moins nombreux (19%) qu’en moyenne dans les pays de l’OCDE (53%) à laisser les élèves utiliser les TICE pour des projets ou leur travail scolaire.
  • La moitié des directeurs pointent un manque ou une inadéquation du matériel numérique disponible pour l’enseignement dans leur établissement (25% en moyenne OCDE)

Plus d’infos

Fiche TALIS/OCDE pour la Fédération Wallonie-Bruxelles

Contacts

Pr Dominique LAFONTAINE

Valérie QUITTRE

 

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