Artiste liégeois du XIXe siècle

Cinq toiles de Paul-Joseph Carpay au château de Colonster


In Campus Culture

Un ensemble de cinq toiles historiées et de deux bandeaux décoratifs du peintre liégeois Paul-Joseph Carpay, vendu aux enchères en 2014, a été acquis par le Fonds David-Constant géré par la Fondation Roi Baudouin. Ces toiles ont été confiées à l'Université de Liège et décorent désormais un salon rénové du château de Colonster.

Le Fonds David-Constant a été créé en 2003 par legs d’un important patrimoine de Simone David-Constant, professeure à la Faculté de Droit de l’ULiège, dans le but de promouvoir les études et la recherche dans le domaine du droit, d’aider l’enfance défavorisée et de valoriser le patrimoine artistique mobilier, en privilégiant les projets liégeois.  Or Paul-Joseph Carpay (1822-1892) était un peintre décorateur très demandé dans la région de Liège. Ses oeuvres, représentant généralement des scènes d'histoire locale, mythologiques ou allégoriques et des guirlandes de fleurs ou corbeilles de fruits, ont décoré de nombreux bâtiments publics, des demeures privées et des églises liégeoises. Citons, entre autres, le Palais provincial, les Thermes de Spa, la Société littéraire,  le château du Comte de Flandre à Bruxelles, le château Saint-Gerlach à Valkenburg, l'hôtel de Donnea, l'église du Grand Séminaire ou encore l'église Saint-Antoine. Il était donc naturel que le Fonds s'intéresse à cet ensemble d'oeuvres retrouvées en très bon état en 2012 dans le grenier du château Naveau de Marteau à Bommershoven.

Aladin et la lampe merveilleuse

L'ensemble accroché à Colonster, inhabituel dans la production de Paul-Joseph Carpay,  met en scène un conte des Mille et une nuits, l'histoire d'Aladin, précédant ainsi d'une ou deux décennies l'engouement qui émergera dans la peinture à l'aube du XXe siècle.

Carpay divise le récit d'Aladin et la lampe merveilleuse en cinq scènes.

Dans le premier tableau, Aladin s'est introduit, à la demande d'un magicien africain, dans une caverne étroite et profonde où lui-même ne peut entrer, pour y récupérer une lampe. Le magicien lui a donné un anneau magique pour le protéger. Mais au retour, Aladin se retrouve enfermé et refuse de donner la lampe si le magicien ne le fait pas sortir de là. Celui-ci finit par l'abandonner dans la grotte, mais le Génie de l'Anneau magique, un géant drapé d'un manteau rouge, va le libérer.

Dans le deuxième tableau, c'est le Génie de la Lampe qui apparaît à Aladin et sa mère, dans leur humble demeure. Il est représenté ailé et monochrome, les pieds émergeant de fumées. Grâce au Génie de la Lampe, Aladin devient riche et éduqué. Un jour, il aperçoit Badroulboudour, la fille du Sultan, dont il tombe amoureux. La scène du troisième tableau montre la mère d'Aladin demandant au sultan la main de la princesse pour son fils et lui offrant  un vase rempli de pierreries. La grande toile suivante illustre leur mariage : la princesse quitte avec son escorte le palais de son père pour rejoindre le palais coloré d'Aladin.

Mais le magicien africain revient et convainc Badroulboudour de lui donner la lampe, dont elle ignore l'intérêt. Grâce au Génie de la Lampe, il emporte la princesse et le palais dans une contrée lointaine. Cependant, Aladin invoque le Génie de l'Anneau et se fait transporter auprès de Badroulboudour. Risquant sa vie, il s'attaque au magicien et le tue. La dernière toile montre Aladin, étreint par son épouse, devant le corps sans vie de son ennemi.

Chacune des toiles présente un aspect gaufré, imitant à la perfection la trame d'une tapisserie. Afin de rendre le trompe-l’œil plus convaincant encore, l’artiste a varié la tonalité du rouge de manière à inverser le rapport d’ombre et lumière entre le haut et le bas de la composition.

(d'après Eva Milet, Art&fact)

Lire l'article d'Eva Milet

 

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