Prix et récompenses

Deux chercheuses de l’ULiège reçoivent un AstraZeneca Foundation Award

Olivia Gosseries et Florence Schleich sont les deux lauréates francophones de 2019


Dans Recherche Prix, bourses et distinctions

Olivia Gosseries et Florence Schleich sont les deux lauréates francophones des Awards AstraZeneca Foundation 2019. Les prix remis ce 10 décembre 2019 à Bruxelles récompensent des recherches novatrices et prometteuses dans les domaines du coma pour la première, du traitement de l’asthme pour la seconde.

Chaque année, Astra Zeneca Foundation soutient les recherches de quatre chercheurs ou chercheuses. Cette année, les disciplines mises à l’honneur sont les maladies rares, la télémédecine dans le traitement des problème respiratoires, l’oncologie et la santé mentale de l’enfant.

Les lauréats et lauréates des AstraZeneca Foundation Awards sont désignés de façon indépendante par un jury émanant du Fonds de la Recherche Scientifique (FNRS) et du Fonds Wetenschappelijk Onderzoek (FWO).

« Notre but, explique le Professeur Michel Goldman, Président de la Fondation, est de soutenir les meilleurs scientifiques qui poursuivent des recherches sur des sujets essentiels pour le progrès de la médecine.  Cette année, les professeurs des universités belges qui guident les activités de la Fondation ont souhaité mettre en lumière la recherche sur les maladies rares, souvent négligées, mais aussi sur l'asthme bronchique, une maladie dont la fréquence s'accroît de manière préoccupante. L'AstraZeneca Foundation reste ainsi fidèle à sa mission première : rapprocher la science de la société. »

Depuis sa création, AstraZeneca Foundation a déjà consacré près de 5,25 millions € au soutien de la recherche en Belgique.

Olivia GOSSERIES  : récupérer après un coma

« Le coma est une phase aiguë et brève. Le patient n’est ni éveillé ni conscient. Ensuite, certains passent dans un état d’éveil non-répondant, ils ouvrent les yeux mais restent inconscients tandis que d’autres évoluent vers un état de conscience minimale ».

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Olivia GOSSERIES, neuropsychologue au Coma Science Group (GIGA Consciousness) de l’ULiège

Comment aider ces personnes à mieux récupérer d’un coma ? C’est l’enjeu des recherches d’Olivia Gosseries et son équipe. Trouver des traitements qui aident ces patients à être plus conscients et à pouvoir interagir est l’une des voies explorées.

Pour cela, certains médicaments déjà prescrits pour d’autres troubles tels que les insomnies, la narcolepsie, la dépression ou encore la maladie de Parkinson se sont montrés efficaces. « Ce que nous savons, explique la chercheuse, c’est que certains médicaments ont été efficaces chez un à plusieurs patients, pas chez tous. Nous avons observé une augmentation de l’activité cérébrale et parfois un état de conscience qui dure le temps de l’effet du médicament. Ce que nous cherchons à savoir, c’est quel traitement sera efficace pour quel patient. » Pour le déterminer, les équipes médicales recourent à des examens tels que l’électroencéphalogramme, la tomographie et l’IRM, et pour la première fois, des tests génétiques. Le but : prédire au mieux la réaction du patient afin de lui donner le bon traitement.

L’équipe du Coma Science Group utilise également plusieurs types de stimulations cérébrales afin d’améliorer la récupération des patients. En janvier 2020, elle lancera une nouvelle étude sur la stimulation magnétique transcrânienne. Plusieurs autres seront également lancées dans les prochains mois, dont une partie financée grâce au prix de 25 000 euros décerné par l’AstraZeneca Foundation.

Avec cinquante nouveaux cas par an en Belgique en éveil non-répondant et cent en état de conscience minimale, les recherches d’Olivia Gosseries au Coma Science Group explorent un domaine relevant des maladies rares auxquelles l’AstraZeneca Foundation consacre un Award.

Florence SCHLEICH  : une application pour mieux traiter l’asthme sévère

Des corticoïdes à inhaler sont souvent prescrits aux patients souffrant d'asthme, mais ils n’améliorent pas l’état de tous les asthmatiques. Pour mieux soigner, il faut mieux diagnostiquer. C’est l’objectif du Dr Florence Schleich. 

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Le Dr Florence Schleich, médecin pneumologue au CHU de Liège

L’asthme, une maladie très présente en Belgique puisque 10% de la population en souffre. Dans les cas les plus graves, on parle d’asthme sévère, handicapant et dangereux pour le patient.

« Il existe quatre grands types inflammatoires d’asthme qui montrent des réponses différentes aux traitements. Le choix d'un traitement personnalisé repose sur l'utilisation de l'analyse de l'expectoration. Le problème, c’est que l’induction du sputum (l’examen recommandé par la société européenne et américaine des maladies respiratoires) n’est pas disponible dans la plupart des centres belges. Certains patients ne sont donc pas testés et le choix du traitement ne tient alors pas compte de l'inflammation bronchique », explique le médecin.

Pour contrer le problème, Florence Schleich a mis au point une nouvelle méthode d’examen : un ballon que le patient doit remplir d’air en expirant. En analysant les composés organiques volatils contenus dans cet air, les chercheurs peuvent déterminer précisément le type d’inflammation et prescrire le traitement adéquat : « Actuellement, les analyses sont faites sur une machine qui occupe presque une pièce entière, précise Florence Schleich. Nous voulons réduire sa taille et développer un petit boîtier que les pneumologues pourraient utiliser directement dans leur cabinet. Ensuite, notre but est de le miniaturiser et d’évoluer vers une application que le patient aura sur son téléphone. Il soufflera directement grâce à un embout et pourra obtenir les résultats en quelques minutes, chez lui. En cas d’inflammation des bronches, l’application lui dira comment adapter son traitement. »

C’est à ce travail sur la miniaturisation de l’appareil que serviront les 25 000 euros de l’AstraZeneca Foundation.

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