Littérature

Des étudiant·e·s ULiège ont participé à l'élection du prix Goncourt de Belgique

Rencontre avec le lauréat Santiago Amigorena



Pour la troisième fois, des étudiant·e·s de l'ULiège du master en Édition et métiers du livre ont participé en décembre dernier à la sélection du Goncourt de Belgique, aux côtés d'autres universités et écoles supérieures, avec la présence de l'écrivain Éric-Emmanuel Schmitt. Le lauréat, Santiago Amigorena, était aussi le favori des Liégeois. C'est donc particulièrement intéressant de le rencontrer pour échanger avec lui.

La rencontre avec Santiago Amigorena a eu lieu ce 18 février, animée par Passa Porta, autour de son livre Le Ghetto intérieur.  L'auteur s'est prêté au jeu avec beaucoup de plaisir, il a aimé digresser autour de chaque question qui lui était posée, ce qui, au final, s'est avéré très intéressant et plutôt amusant. Il a d'ailleurs lui-même déclaré : "Je suis très bavard même si j'écris beaucoup sur le silence."  Très à l'aise, il avait emmené son bébé de 6 mois, qu'il est d'ailleurs allé consoler, tout naturellement, à un moment de la rencontre...

À la fin de l'échange, les étudiant·e·s de l'ULiège ont eu l'occasion de lui parler, de prendre quelques photos avec lui et de lui faire dédicacer leurs livres. Cette rencontre, comme toute l'aventure du choix Goncourt de Belgique leur laisse d'excellents souvenirs. Tous se déclarent déjà prêts pour le prochain concours !

Quelques petites phrases entendues pendant la rencontre :

"Je ne suis pas historien je ne cherche pas à donner une vérité historique, mais à donner quand même une vérité. La vérité qu'il y a dans l'écho du passé. Je cherche ma vérité dans ce passé."

"Le matin quand j'écris je suis français, le soir devant un match de football je suis argentin. Ce livre parle aussi de comment se définir."

"L'écriture est une forme de silence."

"J'ai une énorme admiration pour la jeunesse. L'adolescence est l'âge de la spontanéité et je prends ce prix [le choix Goncourt de Belgique, élu par des étudiants] comme un choix spontané."

 

Le choix Goncourt de Belgique

Le Choix Goncourt de Belgique couronne un écrivain contemporain de langue française. Le jury est constitué d'étudiants de différentes universités belges (y compris des universités flamandes) et hautes écoles. À l'ULiège, une douzaine d'étudiants du cours de critique littéraire de Jean-Pierre Bertrand et Laurent Demoulin ont constitué un comité de lecture pour analyser les ouvrages sélectionnés et établir un classement liégeois.

Le Choix Goncourt de la Belgique est organisé par l’Ambassade de France, la direction Europe de l’Ouest de l’Agence universitaire de la Francophonie, l’Alliance Française de Bruxelles-Europe et Passa Porta, la maison internationale des littératures à Bruxelles, et reçoit le soutien de l’Académie Goncourt et de La Première - RTBF. 

Le comité de lecture liégeois

Pendant 9 semaines, le comité  s'est réuni à maintes reprises pour débattre des neuf livres en lice, en fonction des critères établis par les étudiants : le travail d’écriture, l’originalité, l’apport du titre, la belgitude, la construction des personnages et le plaisir de lecture. Chacun a ainsi participé au classement liégeois, a pu défendre ses ouvrages préférés ou rejeter un livre en bas de classement, avec de bons arguments de critique littéraire.

Ensuite, le comité a désigné 2 représentantes qui ont participé au jury, avec les représentants des autres établissements. Il a fallu trois heures de débats passionnés pour désigner le trio de tête. Et il s'avère que ce trio est exactement le classement du comité liégeois !

Ont participé : Axelle Renard, Florence Casteels, Fanny Lacomble, Elora Boulanger, Alexia Hendrick, Chloé Geron, Céline Fagnant, Emeline Lorent, Florent Vléminckx, Camille Leroy, Marie Thissen et Anna de Vits. 

goncourt
Photos ©Académie Goncourt

Quelques étudiants ULiège

Le classement et l'avis du comité liégeois

1.  Le Ghetto intérieur de Santiago Amigorena.

Il raconte, avec une plume belle et claire, la descente aux enfers d’un juif polonais exilé en Argentine qui apprend petit à petit l’horreur du Ghetto de Varsovie dans lequel est enfermée sa mère. Des thèmes comme la culpabilité, le questionnement de l’identité ou l’exil sont traités. Il nous a particulièrement touchés par son actualité et la puissance de l’écriture, qui nous fait vivre l’histoire du personnage avec lui.

2.  Le ciel par-dessus le toit de Nathacha Appanah.

C'est histoire d’une famille détraquée par le manque de communication dans lequel nous avons tous pu nous reconnaitre sous certains aspects. Sa plume poétique et juste a marqué plus d’un lecteur.

3. Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon de Jean-Paul Dubois

Lauréat du Prix Goncourt 2019. Véritable coup de cœur, il remplit toutes les attentes du lecteur qui ouvre ce livre.

4. Soif d’Amélie Nothomb

Amélie Nothomb, on aime ou on n’aime pas. Pour notre part, les avis étaient plutôt positifs. Roman original et osé par son thème, l’écriture facile et amusante de l’autrice nous a beaucoup plu. Nous avons trouvé le roman pertinent et bien construit.

5. Rouge Impératrice de Léonora Miano

Roman futuriste complexe, il regorge de thèmes intéressants et de personnages bien construits. Malgré un vocabulaire parfois compliqué, il a su séduire certains de nos lecteurs. Mais les avis étaient partagés.

6. La Terre invisible d’Hubert Mingarelli

Il s’agit de l’histoire d’un photographe français qui cherche à se remettre des horreurs de la guerre et part donc aux alentours de l’Allemagne pour photographier les gens, accompagné d’un jeune soldat anglais ayant raté toute l’action de la guerre.

7. La part du fils de Jean-Luc Coatalem

Autre ouvrage sur la guerre. Entre quête d’un grand-père disparu sans raison apparente et roman de ce que ce personnage a pu vivre, l’auteur nous entraine dans une enquête romancée dont le but apparait parfois difficile à comprendre.

8. Un dimanche à Ville d’Avray de Dominique Barbéris

Ce roman nous a également moins touchés. Le titre est très évocateur : il raconte les retrouvailles de deux sœurs, un dimanche, à Ville d’Avray. Un manque d’action assez évident cache un détournement des codes du roman à suspense.

9. Extérieur Monde d’Olivier Rolin

C'est un récit de ses souvenirs utilisant le principe de la digression. Nous avons été plusieurs à ne pas accrocher à ce flot de pensées continu. Certains d'entre nous ont cependant trouvé l’exposé des expériences et des références de cet auteur captivant et intéressant.

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