Musées et collections

Trésors classés des collections universitaires de Liège


Dans Campus Culture

Il y a quelques semaines, la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de procéder au classement comme trésor de l’ensemble des 167 modèles en cire appartenant à l’ULiège, exposés à l’Aquarium-Muséum. Ils illustraient les enseignements d’embryologie à la fin du XIXe siècle et début XXe siècle.  Mais ce ne sont pas les seuls trésors de notre Université que la Fédération Wallonie-Bruxelles a considérés comme particulièrement remarquables, en raison de leur valeur historique, archéologique, ethnologique ou scientifique.

Les modèles en cire

ziegler

Photos Aquarium-Muséum Jacques Ninane

 

Dans la salle TréZOOr de l’Aquarium-Muséum, plusieurs vitrines présentent les modèles d’animaux en cire de l’ULiège. Une centaine d’entre eux ont été réalisés par Adolf Ziegler et son fils Friedrich, actifs de 1852 à 1930 à Fribourg. Le père, médecin obstétricien, et le fils, artiste, étaient les plus remarquables fabricants de modèles morphologiques de zoologie, anatomie et embryologie. Leur travail fin et précis permettait de montrer en agrandissement des structures trop petites pour être observables. De nombreuses universités européennes leur ont commandé des pièces pour la formation des étudiants en médecine, ou pour illustrer les découvertes de leurs chercheurs. 

En 1889, le professeur Édouard Van Beneden commande à l’atelier Ziegler 98 modèles pour les cours d’embryologie à l’Université de Liège. D’autres modèles de différents artisans, comme Rudolf Weisker et Paul Loth spécialisés dans le développement embryonnaire et les parasites, viendront compléter cette collection au fil du temps. Relativement répandus à l’époque, tous ces modèles ont à peu près disparu dans les années 1960 avec l’essor de la biochimie et de la génétique.

Considérées comme simple matériel pédagogique désuet, la plupart des collections de cires ont été détruites au fil du temps, si bien que ces modèles sont aujourd’hui devenus rares et précieux. La collection de Ziegler de l’ULiège est donc tout à fait remarquable. Quant aux autres pièces de notre collection, on n’en retrouve l’équivalent nulle part en Belgique.

Contacts : Marie Bournonville et Sonia Wanson

Le  crâne d’enfant néandertalien d’Engis

CRANE neandertalien - Jean-Michel Bourdoux

Photo Jean-Michel Bourdoux
 

Depuis deux siècles, les paléontologues liégeois constituent une vaste collection de fossiles végétaux et animaux des quatre coins du globe. Ils ont parfois découvert des pièces exceptionnelles : mandibule de poisson à poumons de 360 millions d’années, plantes fossiles portant les plus vieilles graines du monde, dents du plus grand reptile marin ayant vécu à l’époque des dinosaures, hyènes et lions des cavernes du Condroz… 

Mais aussi un crâne fossilisé appartenant à une espèce humaine disparue et différente de la nôtre.  C’est le crâne de l’ « enfant d’Engis », mis à jour en 1830 dans une grotte du village par Philippe-Charles Schmerling, qui fut par ailleurs le fondateur de la paléoanthropologie. Ce n’est qu’un siècle plus tard, après d’autres découvertes dans la vallée du Neander en Allemagne, que la communauté scientifique reconnaîtra qu’il s’agit bien d’une espèce différente d'Homo sapiens, grâce aux travaux d’un autre illustre paléoanthropologue liégeois, Charles Fraipont. Celui-ci démontre que ces restes découverts à Engis sont ceux d’un enfant néanderthalien.

Le crâne de l’enfant néanderthalien d’Engis a été classé Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2012.  Il fait l’objet de nombreuses visites de chercheurs étrangers à l’Evolution & Diversity Dynamics Lab, qui souhaitent l’observer, le mesurer, l’analyser, bref lui faire vivre une vie d’objet scientifique mondialement connu. 

Les riches collections de paléontologie de l’ULiège - comprenant plus d’un million de spécimens à l’heure actuelle -  sont d’ailleurs devenues des références internationales, régulièrement consultées et étudiées par des chercheurs étrangers. La vaste campagne de modélisation 3D qui vient d’être lancée permettra une observation très précise de ses plus belles pièces par les chercheurs et les étudiants du monde entier.

Contacts : Valentin Fischer et Julien Denayer

Trois précieux manuscrits

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Psautier dit de Lambert le Bègue

 

Trois manuscrits exceptionnels, conservés dans la Salle Marie Delcourt de l’Université, ont également fait l’objet d’un classement. Il s’agit de l’Évangéliaire d’Averbode (seconde moitié du XIIe siècle), du Psautier dit de Lambert Lebègue (fin XIIIe siècle), tous deux classés en 2012 ainsi que du Feuillet Wittert (seconde moitié du XIIe siècle) classé en 2018.

Le manuscrit de 173 feuillets appelé Évangéliaire d’Averbode est un véritable chef-d’œuvre de la production enluminée mosane du XIIe siècle. Il était probablement destiné, comme d’autres manuscrits de luxe qui lui sont apparentés, à un monastère de Prémontrés.

Le manuscrit passé à la postérité comme psautier ayant appartenu à Lambert le Bègue (décédé en 1177), considéré comme le fondateur du mouvement béguinal, a en réalité été réalisé un siècle plus tard, vraisemblablement pour une religieuse fortunée du béguinage de St Christophe. L’analyse scientifique a en effet démontré qu’il date de la seconde moitié du XIIIe siècle. Le parchemin comporte de nombreuses lettrines et médaillons historiés et de remarquables médaillons en pleine page représentant principalement des scènes de l’Ancien Testament.

Le feuillet Wittert est un fragment de manuscrit exécuté dans la région mosane, datant de 1150-1170. Il a été légué à l’Université par le baron Wittert en 1903. Il représente sur le recto le Sacrifice d’Abraham, et au verso la Bénédiction d'Ephraïm et Manassé par Jacob ainsi que la bénédiction des douze fils de Jacob par Jacob.

Voir les notices dans le catalogue de la bibliothèque

Contacts : Cécile Oger et Stéphanie Simon

La balance musculaire de Theodor Schwann

balance musculaire- Ludovic Baumsteiger,

Photo Ludovic Baumsteiger

Fabriquée en 1835 par  Theodor Schwann, médecin anatomiste, alors qu’il était assistant au Museum d’anatomie de Berlin, la  balance musculaire permettait d’étudier la variation de la force du muscle en fonction de son degré de contraction. C’était à l’époque une avancée scientifique considérable, que d’expliquer le vivant et de résoudre des problèmes par des mesures et des lois physico-chimiques. 

Theodor Schwann est devenu professeur à l’Université de Liège en 1848. Il est aujourd’hui considéré comme un des pères de la physiologie moderne et de la biologie humaine. Sa balance musculaire, rescapée du bombardement de l’Institut de Physiologie en 1944, fait désormais partie des collections d’instruments anciens de l’Université, sous la responsabilité de Geneviève Xhayet. Elle a été classée comme trésor en 2019.

Contact : Geneviève Xhayet

Les modèles en verre Blaschka

blaschka

La collection, unique en Belgique, des modèles d’animaux invertébrés en verre réalisés par Léopold et Rudolf Blaschka a été classée en 2017 alors même qu’on inaugurait la salle TréZOOr de l’Aquarium-Muséum, où elle trouvait son écrin définitif et des conditions de conservation adéquates. C’est en 1886 que ces modèles avaient été commandés aux ateliers Blaschka par Édouard van Beneden.  

À l’époque, les invertébrés, conservés dans l’alcool ou le formol, perdaient rapidement leurs couleurs, leur transparence et leur forme, ce qui les rendait inutilisables pour la recherche et l’enseignement. 

À Dresde, Léopold Blaschka (1822-1895) et son fils Rudolph (1857-1939) avaient alors acquis une renommée internationale pour leurs reproductions en verre méticuleusement fidèles aux animaux vivants. Cherchant à reproduire la réalité de manière rigoureuse et précise, Léopold Blaschka avait mis au point des techniques de transformation du verre pour obtenir toutes les apparences recherchées.

L’Université de Liège a alors acquis 77 des modèles d’invertébrés de leur catalogue, qui seront utilisés pour l’enseignement jusqu’à ce que d’autres techniques de conservation et d’imagerie les relèguent dans des armoires. En 1990, il reste seulement 49 pièces, la plupart brisées, décolorées, les parties métalliques corrodées. 37 de ces pièces ont pu être restaurées, grâce à une analyse de l’IRPA, qui a pu, avec des techniques sophistiquées, préciser la composition exacte du verre, des colles et pigments. Aujourd’hui, ces petites merveilles font l’admiration des visiteurs.

Contact : Sonia Wanson

 

À la Maison de la Métallurgie

A la Maison de la Métallurgie et de l'Industrie de Liège, trois instruments remarquables ont été classés en 2010. Il s'agit de la tabulatrice d’Hollerith,  fabriqué parThe Western Electric Co. en 1889-1890, la dynamo prototype tétrapolaire de Zénobe Gramme datnt de 1872 et la machine à vapeur dite « de Leruitte » fabriquée par  Clément Leruitte vraisemblablement en 1857.

Deux albums photographiques dits « de Saint-Paul de Sincay » datant de 1846 et 1890 ont également été classés, en 2012.

 

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