Le CSL continue sa collaboration au sein du programme Copernicus


Dans Recherche Entreprises et Innovation
Les montagnes des Andes, dans le sud du Pérou, sont représentées sur cette image en fausses couleurs capturée par la mission Copernicus Sentinel-2. Cette image a été traitée de manière à ce que la végétation apparaisse en bleu, tandis que la végétation irriguée et l'agriculture sont visibles en bleu vif.

Le Centre Spatial de Liège vient de se voir attribuer un montant de 13 millions d’euros par l’Europe afin de développer deux projets qui embarqueront à bord des missions spatiales Sentinel 7 et Sentinel 8 du programme européen Copernicus, le plus vaste programme d’observation de la Terre mis sur pied par l’agence spatiale européenne (ESA).

L'

annonce a été faite ce 1er juillet 2020 par le Vice-premier Ministre chargé de la Politique Scientifique, David Clarinval, huit entreprises belges vont bénéficier d’un financement total de 93,7 millions d’euros venant de l’ESA et de l’Union européenne afin de développer plusieurs projets dans le cadre de la 4e tranche du développement du programme Copernicus. Parmi ces projets, ceux du Centre Spatial de Liège représentent un financement de plus de 13 millions d’euros. Ils embarqueront à bord des satellites CO2M (Carbon Dioxide Monitoring) et LSTM (Land Surface Temperature Monitoring), qui correspondent aux missions Sentinel 7 et Sentinel 8, respectivement et qui devraient être lancés à partir de 2026.

CO2M – Surveillance du Dioxyde de Carbone anthropique

Premier projet financé au CSL, la participation à l’instrument CO2I à bord de la mission Sentinel 7 (CO2M) qui va mesurer la densité de CO2  atmosphérique. Pour cette partie, le CSL est en charge du design, de la fabrication et de la validation du « Calibration Unit ». « Cet ensemble de satellites détectera l'absorption spectrale du dioxyde de carbone dans la lumière solaire infrarouge réfléchie par la surface de la Terre, explique Christophe Grodent, responsable des Programmes au CSL. À partir de ces informations, nous serons en mesure de déterminer avec une grande précision les concentrations de dioxyde de carbone dans l'atmosphère - jusqu'à 0,7 ppm (parties par million).» Un instrument d’une grande importance et qui va fournir des données très précises. La haute résolution spatiale et temporelle prévue pour cette mission représente un changement majeur dans ce qui est actuellement disponible pour mesurer le dioxyde de carbone depuis l'espace.

L'ESA vise à lancer le CO2M d'ici la fin de 2025, et devrait fournir des données à partir de 2026 pour soutenir le deuxième bilan mondial des émissions de gaz à effet de serre, qui sera conclu en 2028, par les pays participant à l'accord de Paris. La mission devrait être un outil puissant permettant aux États-nations de mieux comprendre leur empreinte carbone, de vérifier les rapports nationaux sur les émissions à l'aide de données indépendantes, et de fixer des objectifs plus ambitieux. La mission CO2M sera également une source d'information précieuse pour les scientifiques chargés de modéliser le climat, afin d'ajuster la représentation du cycle du carbone des modèles climatiques couplés au niveau mondial.

LSTM – Surveillance de la température de la surface terrestre.

Le second financement concerne la mission LSTM (Land Surface Temperature Monitoring), dont l’instrument qui va permettre de cartographier la température de surface de la planète et les taux d'évapotranspiration - la vapeur d'eau émise par les plantes en croissance - avec une résolution 400 fois plus fine que celle actuellement mesurée depuis l'espace.

 « Le suivi précis de la température de la Terre à l'aide d'informations obtenues par satellite permet d'expliquer la physique de la surface terrestre, notamment les processus qui régissent l'échange d'énergie et d'humidité avec l'atmosphère sus-jacente, explique Serge Habraken, professeur à l’ULiège et Directeur Scientifique et académique au CSL. La surveillance et la compréhension de la sécheresse, des changements dans la végétation, des vagues de chaleur, des effets des îlots de chaleur urbains ainsi que de la stabilité et de l'étendue du permafrost bénéficieront toutes de ces données. » La mission se concentrera sur les besoins prioritaires de la communauté des utilisateurs agricoles pour améliorer la productivité durable à l'échelle du terrain dans un monde où la rareté et la variabilité de l'eau augmentent en raison du changement climatique. En particulier, les mesures quotidiennes d'évapotranspiration fournies par LSTM aideront les agriculteurs à gérer les régimes d'irrigation et à optimiser le rendement avec un minimum d'eau. Pour cette partie, le CSL prendra en  charge de la fabrication et la caractérisation des diffuseurs de même que les essais environnementaux de l’instrument complet.

D’autres entreprises belges, telles que AMOS, collaborateur du CSL qui s’est vu attribuer un financement important pour le développement du principal instrument de la mission CHIME (Sentinel 10), un outil hyper performant qui va permettre de sérier de façon très précise l’état des cultures, pourraient solliciter le CSL pour la réalisation des tests de qualification spatiale de cet instrument. Citons également TAS-B (Thales Alenia Space – Belgium) qui se verra confié la fourniture de certains panneaux solaires, potentiellement à valider sous vide dans les moyens du CSL.

Contacts

Christophe GRODENT | Centre Spatial de Liège

Serge HABRAKEN | Université de Liège - Centre Spatial de Liège | STAR Institute

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