Plus de 18 millions d’euros pour l’extension du Centre Spatial de Liège


Vue des futures extensions de part et d'autre du bâtiment actuel du CSL. Crédit : Atelier Architecture Lavaux

Le Centre Spatial de Liège (CSL, ULiège) a présenté aujourd’hui le projet d’extension de ses infrastructures et de ses capacités de tests, un investissement de plus de 18 millions d’euros, à l’occasion de la visite conjointe du Ministre wallon de l’Économie et de la Recherche, Willy Borsus, et du Secrétaire d’Etat pour la Relance et les Investissements stratégiques, chargé de la Politique scientifique, Thomas Dermine.

L

a Wallonie et l’État fédéral, à travers Belspo (Politique scientifique fédérale), assurent cet investissement important, qui va permettre au CSL de renforcer sa position de centre d’expertise reconnu en Europe pour la calibration optique des futures « larges » missions de l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

1580 m2 supplémentaires

Le CSL va construire deux nouveaux bâtiments, de part et d’autre de ses installations actuelles:

  1. Un nouveau hall de stockage de 580 m2 (hauteur 12m) pour les équipements nécessaires aux essais (structures de support, panneaux thermiques,…) et les containers des clients du CSL pendant les campagnes d’essais.
  2. Une nouvelle salle blanche pour l’intégration et la préparation des instruments spatiaux dans un environnement propre adapté. Cette nouvelle salle blanche sera subdivisée en une partie ISO7 (niveau de propreté standard), de 580 m2, et une partie ISO5 (niveau de propreté optimisée, 100 fois supérieur à celui de l’ISO7), de 420 m2. Elle accueillera également la nouvelle cuve à vide de 7m de diamètre.

Une nouvelle cuve d’essais : FOCAL-7

La nouvelle cuve à vide de 7m de diamètre sera la plus grande du CSL. FOCAL-7 (acronyme de Facilité Optique de CAlibration à Liège, 7 pour son diamètre) aura une longueur de près de 14m, comprenant un banc optique de 12m de long sur 4m de large, hyper stable, posé sur une dalle sismique. La connexion vers un nouveau système thermique à l’azote ainsi que vers les boucles cryogéniques permettra d’effectuer, dans les environnements thermiques ultra-froids requis (approchant le zéro absolu), les calibrations optiques de futurs instruments spatiaux, scientifiques ou d’observation de la Terre.

Un budget de 18,4 millions d’euros

La Politique scientifique fédérale (Belspo) finance cet investissement à hauteur de 11 millions d’euros, couvert par un contrat avec l’ESA. La Wallonie apporte 7,4 millions d’euros, qui seront principalement consacrés à l’acquisition de la cuve à vide FOCAL 7.

La mise en service de ces nouvelles infrastructures est envisagée dans le courant de 2024.

Répondre aux défis des futures « larges » missions de l’ESA

Les futures missions de l’Agence spatiale européenne (ESA) vont exiger des optiques (télescopes) de tailles de plus en plus importantes, avec très souvent un environnement hyper-froid permettant d’améliorer la précision des mesures. Les limites des moyens de tests existants sont autant de contraintes lors de la définition et du design d’une future mission spatiale scientifique. FOCAL-7 permettra de garantir les meilleures conditions environnementales pour ces futures missions tout en donnant plus de libertés aux experts lors des phases de pré-design. Ce faisant, le CSL confortera sa position sur la carte européenne et mondiale de l’expertise en calibration optique spatiale.

Thomas Dermine, Secrétaire d’État pour la Relance et les Investissements stratégiques, chargé de la Politique scientifique : « Le Centre Spatial de Liège est un acteur clé du secteur spatial belge et est un partenaire majeur des activités spatiales gérées par la Politique scientifique fédérale. Je suis heureux de confirmer le soutien du fédéral au projet FOCAL-7 à hauteur de 11 millions d’euros. Cette infrastructure est nécessaire à l’industrie spatiale belge, mais aussi aux acteurs industriels européens et à l’ESA. Cet investissement démontre une fois de plus le rôle moteur que joue la Belgique dans le domaine spatial et singulièrement au sein de l’ESA dont elle est un membre fondateur et un des principaux contributeurs. »

Willy Borsus, Vice-président du gouvernement wallon, Ministre de l’Économie et de la Recherche : « Depuis plus de 50 ans, le Centre Spatial de Liège a acquis une expérience internationalement reconnue et incarne un secteur qui occupe une place de choix dans l’économie wallonne. En effet, le secteur aérospatial en Wallonie compte 1.800 travailleurs directs à temps plein et un chiffre d’affaires annuel de 350 millions d’euros. Au travers de son Plan de relance de la Wallonie, le Gouvernement wallon entend développer une chaîne de valeur spatiale wallonne, par exemple dans la filière des lanceurs, s'inscrivant notamment dans la dynamique New space et ainsi défendre – et renforcer – sa position de leader international. Le CSL a un rôle primordial à jouer dans cette ambition. »

Contacts

Christophe Grodent

Benoît Marquet


EUCLID

Le télescope EUCLID est une mission spatiale du programme Cosmic Vision de l’ESA. Cet instrument permettra de mieux comprendre comment notre Univers s’est créé en effectuant des mesures liées à la matière noire et à l’énergie noire. La matière noire constitue, selon les experts, 27% de notre Univers et l’énergie noire, 68%.

EUCLID est actuellement en test au CSL. Le centre fournit à Airbus le moyen d’essais (FOCAL-5, une cuve à vide de 5m de diamètre, avec panneaux thermique hyper-froids et une propreté extrême) permettant de qualifier l’instrument avant son lancement.

Le test a démarré le 17 mai 2021 pour une durée de 50 jours sous vide.

CSL EUCLID(c)CSL

A propos du Centre Spatial de Liège

Créé en 1964 par l’Université de Liège, le Centre Spatial de Liège (CSL) est un centre de recherche appliquée axé sur la conception d'instruments d'observation spatiale disposant d’installations d’essais environnementaux au service de l’Agence Spatiale Européenne (ESA), de l’industrie spatiale et des entreprises régionales. Depuis près de 60 ans, Le CSL développe des technologies avancées en optique, électronique, mécanique et thermique.

Parmi les équipements remarquable du CSL, ses cuves à vide (FOCAL : Facilité Optique de Calibration à Liège) de différents diamètres qui sont installées dans des salles ultra‐propres et qui permettent de simuler l’environnement spatial sévère afin de tester le fonctionnement des satellites et leurs instruments. Le CSL dispose également des stimuli et systèmes de calibration optique nécessaires à la validation des systèmes et instruments qu’il conçoit ou qui lui sont confiés. En outre, le CSL développe une expertise dans les technologies de revêtement et d’ingénierie de surface (micro texturation, polissage par faisceau d’ions, etc.).

Le CSL maintient un système de gestion de la qualité approuvé, basé sur les exigences du système européen EN9100 et de l’ESA (ECSS) afin d’assurer la plus haute qualité de ses services. De nombreux instruments scientifiques de missions remarquables de l'ESA et certaines de la NASA ont été conçus, construits et testés au CSL. D’autres ont également fait l'objet d'une qualification spatiale dans ses salles blanches : EIT-SOHO, OM-XMM, FUV-SI-IMAGE, OMC-Integral, HI-STEREO, COROT, PACS-HERSCHEL, PLANCK, SWAP-Lyra-Proba-2, JUNO, GAIA, Tropomi, MIRI-JWST, EUI-HI- Solar Orbiter, CHEOPS, WISPR-Solar Probe Plus, FUV-ICON, MSI, Aeolus, Atlid, EUCLID etc.

Centre d’expertise mondialement reconnu, le CSL collabore avec de nombreuses institutions européennes et internationales (ESA, CNES, Thales Alenia Space, Belgospace, NASA, JAXA, ISRO, KARI, Airbus Defense and Space, FEDER, Wallonie, BELSPO, Wallonie Espace, etc.) et travaille au développement continu de ses performances afin de se préparer aux évolutions de l'industrie spatiale et de rester un partenaire clé dans l'instrumentation spatiale et la calibration associée ainsi que dans la chaîne de valeur du traitement des données spatiales.

Centre de recherche universitaire, le CSL permet aux étudiants de l’Université de Liège, encadrés par leurs enseignants, de développer et construire leurs projets scientifiques.

Le CSL, situé au cœur du Parc Scientifique de Liège (LIÈGE science park), emploie une centaine de personnes hautement qualifiées.

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