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Station ICOS de Vielsalm : 25 ans d’analyse des échanges gazeux entre forêt et atmosphère

Cérémonie du mercredi 27 octobre 2021


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L’UCLouvain et l’ULiège célèbrent le 25e anniversaire de la station de mesures de Vielsalm. Fondée en 1996, elle est l’une des plus anciennes stations de mesure des échanges de gaz à effet de serre en Europe. A l’automne 2020, elle recevait par ailleurs le prestigieux label « Ecosystème » du réseau ICOS (Integrated Carbon Observation System). Pour célébrer cet anniversaire et cette labellisation, une cérémonie s’est tenue le mercredi 27 octobre 2021.

« Cela fait un quart de siècle que cette station fournit des données de très haute précision aux scientifiques et aux décideurs », souligne Caroline Vincke, professeure à la faculté des bioingénieurs de l’UCLouvain et responsable de la station de Vielsalm depuis 2014.

Grâce à une tour à flux haute de 50 mètres, la station permet notamment de mesurer, toutes les 30 minutes, les échanges de CO2 et de vapeur d’eau entre l’atmosphère et cet écosystème forestier composé de hêtres, de Douglas, de sapins et d’épicéas. D’autres données récoltées dans l’air, le sol et la végétation permettent de comprendre ce qui influence ces flux.

En 25 ans, de nombreuses recherches universitaires ont pu être menées grâce aux mesures effectuées à Vielsalm, en particulier autour de la séquestration de carbone par cette forêt et de sa résilience face aux évènements climatiques ou aux attaques biotiques.

L’UCLouvain et l’ULiège ont ainsi mis en évidence que cet écosystème forestier se comporte comme un puits de carbone assez stable, les hêtres absorbant en moyenne 411gC/m2/an et les Douglas 813gC/m2/an. « En d’autres termes, résume Caroline Vincke, 1 hectare de cette forêt compense l’émission de CO2 d’une voiture classique parcourant 116 000 kilomètres. »

Les forces du réseau

Le réseau ICOS compte 140 stations (atmosphériques, océaniques ou écosystèmes) réparties dans 14 pays européens. On en trouve 10 en Belgique, dont 3 en Wallonie : à Lonzée, à Dorinne et à Vielsalm. Ces stations wallonnes sont gérées par un consortium composé de l’ULiège (coordinatrice), de l’UCLouvain, de l’ISSeP (Institut scientifique de service public) et du CRA-W (Centre wallon de recherches agronomiques).

« Appartenir à un tel réseau présente plusieurs avantages, assure Bernard Heinesch, professeur à la faculté de Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège) et coordinateur du réseau wallon des stations. Ça nous permet notamment de participer à des projets en partenariat avec d’autres acteurs européens et de mettre en commun les données qu’on récolte pour réaliser des études à l’échelle du continent. » Fin 2020, une vaste étude, publiée dans la revue de la Royal Society, se penchait par exemple sur les impacts de la sécheresse de 2018, en se basant sur les mesures enregistrées dans les différents sites ICOS européens, dont la station de Vielsalm.

Contact

Pr Bernard Heinesch

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