Leçon thématique

Cycle de leçons "Musik Macht Frei : pratiques, fonctions et instrumentalisation de la musique dans les camps nazis"

Musique dans les camps de prisonniers (Stalag/Oflag). Le cas du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen au Stalag XVIIIa de Görlitz


Info

Dates
26 février 2024
Location
A2 5/11 (Place Cockerill, 5e étage)
Place du 20-Août 7
4000 Liège
Duration
2h00
Schedule
15h30 - 17h30
Price
5€ (membre de l'Association), 7€ (non membre)

L

e Forum des Savoirs a été créé par l’asbl Les Amis de l’Université de Liège en 2019 afin de regrouper dans un même espace universitaire différents types d'exposés ouverts à tous...

 


Leçon 5 : Musique dans les camps de prisonniers (Stalag/Oflag). Le cas du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen au Stalag XVIIIa de Görlitz, par Stéphane DADO

Description du cycle : 

Notre parcours des musiques concentrationnaires se poursuit cette année avec des thématiques restées inexplorées, à commencer par le répertoire des musiques légères et des revues de cabaret. Celui-ci est notamment au cœur des spectacles proposés dans le camp de transit de Westerbork, aux Pays-Bas. C’est là qu’une partie des cabaretiers berlinois exilés de l’Allemagne à partir de 1933 ont eu l’occasion de mettre sur pied, de juillet 1943 à juin 1944, six revues soutenues par les autorités du camp (et méprisées par une partie des détenus de la communauté juive). De ce monde interlope et parfois satirique est également issu le premier hymne de camp, le « Moorsoldatenlied » (1933), un chant qui, malgré son interdiction, va inciter les nazis à concevoir un hymne pour les camps principaux du Reich, hymnes pensés comme la signature sonore de chaque lieu. Ceux de Treblinka, Dachau ou Buchenwald comportent des paroles souvent sans concession sur les conditions de détention et les aspirations des prisonniers. Après avoir passé en revue la vie musicale dans les ghettos de Pologne, nous examinerons cette année les activités des ghettos de Lituanie, ceux de Vilnius et Kovno (Kaunas), riches en propositions artistiques diverses. D’autre part, les camps de prisonniers (Stalags et Oflags), seuls lieux où les détenus sont protégés par la Convention de Genève, sont aussi des espaces de créations musicales intenses, la vie artistique y semble plus libre et mieux organisée. C’est dans le Stalag VIII-A de Görlitz que Messiaen créa son « Quatuor pour la fin du Temps », en janvier 1941, sans doute l’œuvre la plus magistrale jamais écrite en pareil contexte. Le cycle permettra également d’analyser la spécificité de la vie musicale à Sachsenhausen, Buchenwald et dans les trois camps d’Auschwitz où les démarches culturelles restent nombreuses. Simon Laks, qui fut le chef d’orchestre de la phalange masculine de Birkenau, a été le premier détenu à publier, en 1948, un compte rendu détaillé de la vie musicale dans un camp : « Musiques d’un autre monde ». Son récit sera remanié en 1979 pour s’intituler « Mélodies d’Auschwitz ». Passionnants, ces deux témoignages seront analysés pour en dégager les particularités et les enjeux. Enfin, nous essayerons de comprendre la manière dont la musique est utilisée dans le contexte des tortures de détenus, des violences sadiques, des humiliations psychologiques, actes abjects qui font partie du processus de domination des bourreaux nazis sur leurs victimes.

Photo : L’orchestre du ghetto de Kovno en concert (© United States Holocaust Memorial Museum)


Contacts

Les Amis de l'Université de Liège asbl, +32 (0)4 366 52 87, reseau-amis@uliege.be

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