Noora Taipale, chargée de recherches du FNRS au TraceoLab, vient de revenir d'une enquête de terrain en Afrique australe. Elle a participé à une mission internationale dirigée par le Dr Viola Schmid de l'Académie autrichienne des sciences. Cette équipe s'est attelée à la cartographie des sources de matières premières des outils en pierre dans la région entourant le site archéologique de Rose Cottage Cave, situé à la frontière du Lesotho et de la province de l'État libre d'Afrique du Sud. Cette campagne s'inscrit dans une vaste étude du TraceoLab sur les us et coutumes des chasseurs-cueilleurs qui ont vécu il y a plus de 40 000 ans.
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L'objectif principal de cette enquête était de localiser les affleurements de matières premières potentielles pour les outils en pierre utilisés par les occupants de Rose Cottage Cave - un site archéologique situé à la frontière du Lesotho et de la province de l'État libre d'Afrique du Sud - vers la fin du « Middle Stone Age », entre 100 000 et 40 000 ans, explique Noora Taipale. Nous avons réussi à identifier plusieurs affleurements prometteurs et avons collecté des échantillons géologiques très intéressants d'un point de vue scientifique." Ces échantillons sont actuellement analysés et comparés à des objets archéologiques à l'aide de diverses méthodes de laboratoire à l’Université de Vienne et au TraceoLab. L'objectif est de déterminer si ces matières premières correspondent à celles utilisées pour fabriquer les outils en pierre retrouvés sur le site.
Comprendre les mouvements et les choix des chasseurs-cueilleurs
Les résultats de cette étude permettront d'approfondir notre compréhension des déplacements des chasseurs-cueilleurs dans le paysage. Ils fourniront des informations précieuses sur les matières premières privilégiées par ces populations préhistoriques. Grâce à l'expertise de Noora Taipale et de ses collègues du TraceoLab, ainsi qu'aux installations de recherche spécialisées de l'Université de Liège (ULiège), le projet de Rose Cottage Cave bénéficiera d'analyses avancées.
L'implication du TraceoLab dans ce projet est cruciale. Le laboratoire met à disposition ses compétences et ses technologies de pointe pour déterminer comment les outils en pierre étaient utilisés et comment les choix de matières premières étaient influencés par des considérations fonctionnelles. "Ces recherches offrent une nouvelle perspective sur les pratiques des tailleurs préhistoriques, qui ont façonné des outils il y a environ 65 000 à 40 000 ans", se réjouit la chercheuse.
Cette enquête de terrain en Afrique australe, menée par une équipe internationale, représente une avancée significative dans l'étude des comportements des chasseurs-cueilleurs préhistoriques. Les résultats attendus permettront de mieux comprendre les dynamiques de déplacement et les préférences matérielles de ces populations, enrichissant ainsi notre connaissance de l'histoire humaine.
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Noora Taipale