Prix scientifique

L'égyptologue Dimitri Laboury, lauréat du Prix Leclant 2024


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Anne Sophie-Nyssen (Rectrice de l'ULiège), Dimitri Laboury et Marie-Françoise Leclant, présidente de la Fondation Jean Leclant. | ©️ Gilles Crampes/Académie des Inscriptions et Belles-Lettres

Professeur d’histoire de l’art et archéologie à l’Université de Liège, Dimitri Laboury est le lauréat du prestigieux Prix Jean et Marie-Françoise Leclant pour ses recherches pionnières sur l’art pharaonique. Spécialisé dans l’étude des artistes de l’Égypte ancienne, il dirige depuis plus de quinze ans un programme consacré à l’analyse des peintres et des pratiques picturales de la Nécropole Thébaine, inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

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epuis plus de quinze ans, Dimitri Laboury, professeur à l’Université de Liège, consacre ses recherches à une figure largement méconnue en égyptologie : l’artiste pharaonique. Spécialiste de l’art de l’Égypte ancienne, il a lancé un vaste programme visant à restituer à ces créateurs leur juste place dans l’histoire de l’art pharaonique, au sein d'une culture qui a tant investi dans la production artistique. A la faveur d’un mandat d’impulsion scientifique du F.R.S.-FNRS, Dimitri Laboury a impulsé un projet au cœur de la Nécropole Thébaine, inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, où il s’intéresse tout particulièrement aux peintres et aux pratiques picturales de l’élite de la 18e dynastie (environ 1550-1292 av. J.-C.). Ce projet, réalisé sous l’égide de la Mission Archéologique belge dans la Nécropole Thébaine (MANT), explore les sépultures de dignitaires contemporains d’Amenhotep II. Dimitri Laboury et son équipe se concentrent sur trois tombes majeures : celles du vizir Amenemopé, du gouverneur de Thèbes, Sennéfer, et du vice-chancelier du roi, Amenhotep, redécouverte en 2009 par la MANT. Une analyse minutieuse des décors de ces tombes a révélé qu’une même main, celle d’un maître artiste accompagné de son apprenti, était à l’œuvre dans la tombe TT29, démontrant une véritable stratégie artistique de la part du commanditaire du monument. Cette étude met en lumière une organisation complexe du travail artistique, où des artistes savants et des exécutants au spectre de compétences plus restreint collaborent pour créer des décors sophistiqués, intégrant à la fois images et écriture.

Au-delà de ces découvertes, le travail de Dimitri Laboury a pour ambition de créer un dialogue fertile entre l’égyptologie et l’histoire de l’art générale. Son approche innovante, mêlant recherche de terrain et expérimentation archéologique, éclaire l’art égyptien d’une manière nouvelle, soulignant son importance non seulement historique mais aussi artistique.

Le Prix Jean et Marie-Françoise Leclant : soutenir la recherche égyptologique

Dans cette dynamique de promotion de la recherche égyptologique, la Fondation Jean Leclant, créée en 2014 par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en hommage à l’égyptologue Jean Leclant, joue un rôle clé. Chaque année, elle attribue le « Prix Jean et Marie-Françoise Leclant », récompensant des travaux ayant enrichi de façon significative nos connaissances sur l’Égypte et le Soudan antiques. Doté de 10 000 €, ce prix encourage la poursuite de missions archéologiques et la diffusion des résultats, permettant aux chercheurs, comme Dimitri Laboury, de poursuivre leurs contributions inestimables à la compréhension du patrimoine et de l’histoire de l’Égypte ancienne.

Ce prix prestigieux met en lumière l'importance des recherches innovantes dans le domaine de l’égyptologie, et les contributions significatives à la préservation et à l’étude de ce patrimoine exceptionnel.

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Dimitri Laboury

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