L'ESA dévoile les images de la première éclipse solaire artificielle capturées par Proba-3



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©️ ESA/Proba-3/ASPIICS/WOW algorithm

Les premières images et données de la mission Proba-3, publiées par l'Agence spatiale européenne (ESA), marquent une étape importante dans l'exploration de notre Soleil. Au cœur de cette avancée se trouve le Centre Spatial de Liège (CSL), moteur technologique de la mission grâce au développement de l'instrument de pointe ASPIICS embarqué à bord du satellite. Les données scientifiques transmises par les deux engins spatiaux seront analysées par les chercheurs de l'Observatoire royal de Belgique (ROB).

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La divulgation de ces premières images et données par l'ESA a suscité une grande émotion au sein de la communauté spatiale belge. La mission Proba-3 (PRoject for On-Board Autonomy) repose sur un concept inédit : deux satellites, le Coronographe et l'Occulteur, volant en formation rapprochée (à une distance de 150 mètres) afin de recréer artificiellement une éclipse solaire dans l'espace. Cette configuration unique permettra aux scientifiques d'observer la couronne solaire avec une netteté exceptionnelle et très près du limbe solaire.

Au cœur de la mission se trouve ASPIICS (Association of Spacecraft for Polarimetric and Imaging Investigation of the Corona of the Sun), un instrument optique développé sous la responsabilité du CSL. Depuis 2014, l'équipe du CSL a dirigé la conception de l'ensemble du système - optique, thermique et mécanique - y compris l'assemblage, l'étalonnage, les tests environnementaux et l'alignement final. Le CSL a également développé un composant essentiel : l'occulteur interne, un élément de haute précision indispensable pour filtrer les erreurs d'alignement entre les satellites et atténuer les effets de la diffraction de la lumière.

La coordination de la mise en œuvre d'ASPIICS au CSL a été supervisée par Cédric Thizy :  « ASPIICS est le fruit d'une collaboration européenne réunissant un consortium industriel de 15 entreprises et instituts de sept pays, sous la houlette du CSL. Il a fallu sept ans pour livrer l'instrument à l'ESA en 2021, une période riche en défis managériaux, technologiques et techniques. La première lumière d'ASPIICS a été acquise quelques jours après le lancement, le 17 décembre 2024, démontrant déjà ses bonnes performances, mais à ce moment-là, les deux engins spatiaux étaient encore en configuration empilée. Cette première image de la couronne solaire, acquise alors que les deux engins spatiaux volaient de manière autonome en formation, confirme que l'ASPIICS fonctionne comme prévu. Cela démontre la qualité du travail accompli par le consortium. Nous avons franchi une nouvelle étape dans notre quête et sommes impatients de voir comment la physique solaire bénéficiera de ces observations."

Eclipse Proba-3 ESA

Cette image, prise dans le spectre de la lumière visible, montre la couronne solaire de la même manière qu'un œil humain la verrait lors d'une éclipse à travers un filtre vert, vert foncé et violet. Les structures ressemblant à des cheveux ont été révélées à l'aide d'un algorithme de traitement d'image spécialisé. En bas à droite : Une grille montre la position réelle du Soleil derrière l'occulteur de la mission, légèrement décentrée. | © ESA/Proba-3/ASPIICS

L’un des objectifs majeurs d’ASPIICS est de percer un mystère scientifique : pourquoi la couronne solaire, cette couche atmosphérique externe visible uniquement lors d’éclipses, est-elle bien plus chaude que la surface du Soleil ? L’instrument permettra également d’étudier les éjections de masse coronale, ces violents jets de matière solaire capables de perturber les satellites, les communications ou les réseaux électriques sur Terre, effets collectivement appelés « météo spatiale ».

L’analyse scientifique des données recueillies sera assurée par l’Observatoire royal de Belgique (ORB), sous la houlette d'Andrei Zhukov, spécialiste en physique solaire.t.  « Proba-3 permet d'observer la couronne solaire très près du limbe solaire et avec très peu de lumière parasite. C'est la combinaison de ces deux caractéristiques qui rend Proba-3 unique. Mais en plus d'un engin spatial volant avec précision, il faut un télescope exceptionnel pour capturer ces images. ASPIICS est certainement à la hauteur de la tâche. Ses images de haute qualité feront de Proba-3 une source majeure de données pour l'étude de la couronne solaire, lieu où naît la météo spatiale. »

Au-delà du CSL et du ROB, la Belgique joue un rôle central à chaque étape de la mission : l'OIP était chargé du développement de l'assemblage du plan focal, les deux satellites ont été assemblés à Kruibeke et les opérations de la mission sont menées depuis Redu, dans la province de Luxembourg.

Avec cette première image et ces premières données d'une éclipse solaire artificielle déjà examinées par la communauté scientifique, Proba-3 marque le début d'une nouvelle ère dans l'observation solaire et confirme la position de la Belgique en tant qu'acteur de premier plan dans la recherche spatiale européenne.

Lire le communiqué de l'ESA

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