Un choc à la tête, même léger, que ce soit au foot, à l’école ou en voiture, peut avoir des conséquences persistantes. Bien que la récupération spontanée soit généralement favorable, une prise en charge adaptée, dès les premiers jours, fait toute la différence sur le long terme. Dans un article publié dans la Revue médicale de Liège, des scientifiques de l’ULiège en collaboration avec le CHU de Liège proposent une synthèse des récentes recommandations liées à la prise en charge de patients touchés par une commotion cérébrale.
Un enjeu de santé publique
L
es commotions cérébrales représentent un véritable enjeu de santé publique, trop souvent sous-diagnostiquées et parfois mal prises en charge. En effet, il est aujourd’hui bien établi que jusqu’à 30% des patients peuvent développer des symptômes physiques, cognitifs ou émotionnels persistants pendant des semaines, mois ou années après une commotion cérébrale, d’où l’importance d’une prise en charge optimale, autant en phase aiguë que chronique.
Depuis un an, le jeu de tête en football pour les moins de 9 ans est d'ailleurs interdit par l’Association des clubs francophones de football. Une décision appuyée par des études scientifiques récentes mettant en lumière les risques associés aux impacts répétés à la tête.
Si de nombreuses données existent au niveau international et surtout dans un cadre sportif, peu de travaux abordent de manière concrète la prise en charge des commotions dans des contextes de soins plus généraux et plus proches de notre quotidien. C’est pourquoi l’article rédigé par les scientifiques de l’ULiège et du CHU de Liège a pour objectif de clarifier la prise en charge des patients atteints de commotion et de rendre les recommandations accessibles aussi bien aux professionnels de la santé qu’au grand public.
Rester dans le noir, une fausse bonne idée ?
Les scientifiques soulignent que certains mythes ont la vie dure comme celui de rester isolé dans le noir complet après une commotion. En effet, les recherches montrent aujourd’hui que cela est tout à fait contre-indiqué et qu’il faut préconiser un repos cognitif relatif ; c’est-à-dire continuer les activités simples du quotidien comme marcher ou faire sa vaisselle. Les dernières recommandations précisent aussi qu’un scanner cérébral devrait être réservé aux cas présentant des critères spécifiques.
« Le travail que nous avons mené s’apparente à un « démêlage » ou au tri d’un vieux grenier ; où il faut extraire les informations pertinentes et à jour tout en se débarrassant des préjugés, mauvaises conceptions ou données obsolètes sur le sujet. »Géraldine Martens (NeuroRecovery Lab, GIGA Consciousness)
Une collaboration multidisciplinaire entre l’ULiège et le CHU de Liège
À l’ULiège, le NeuroRecovery Lab (NRL) collabore étroitement avec le CHU de Liège, notamment avec la Clinique de la Conscience et de NeuroRevalidation (CCNR), pour développer un trajet de soins spécialisé pour les patients souffrant de symptômes post-commotionnels persistants. Ce parcours, coordonné par le NRL et la CCNR, implique plusieurs services hospitaliers (neurologie, médecine physique, radiodiagnostic, neuropsychologie) et repose sur une approche multidisciplinaire et individualisée. L’ULiège y apporte une expertise scientifique grâce à l’analyse avancée de données neurophysiologiques et d’imagerie fonctionnelle, visant à améliorer la détection et la compréhension des lésions cérébrales subtiles.
Concrètement, que faire après une commotion ?
- Surveillez l’apparition de symptômes aigus (qui peuvent survenir jusqu’à 48 h après la blessure) : maux de tête, nausées/vomissements, confusion/désorientation, irritabilité/anxiété, troubles de la mémoire ou de la concentration, vision floue/double, troubles de l’équilibre, sensibilité à la lumière/bruit, fatigue inhabituelle, agitation, étourdissements, acouphènes.
- Si un ou plusieurs symptômes apparaissent ou s’aggravent: consultez votre médecin, allez aux urgences et contactez le Centre du Cerveau (commotion@chuliege.be).
- En cas de symptômes persistants (>10-14 jours chez l’adulte, >28 jours chez l’enfant) : maux de tête, insomnie, humeur dépressive/anxieuse, troubles de mémoire ou de concentration, vision perturbée, fatigue accrue : consultez un médecin et contactez le Centre du Cerveau
- Repos complet (physique, intellectuel et limitation des écrans) pendant au moins 24 h après la blessure.
- Reprise progressive des activités, en respectant vos limites, pour réduire le risque de prolongation des symptômes.
Plus d’informations sur le parcours de soins proposé par le CHU de Liège pour les patients atteints d’une commotion cérébrale
Lire l’article complet publié sur ORBI
Regarder le reportage réalisé par le média Qu4tre
Contacts
Mélanie Louras
Aurore Thibaut
Jean-François Kaux
Nicolas Lejeune
Géraldine Martens