Les universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles inquiètes et solidaires face aux attaques contre la science aux États-Unis
Communiqué du Conseil des rectrices et recteurs du 20 février 2025.
Université publique ouverte sur le monde et ancrée dans le développement scientifique, culturel et économique de sa région, l'ULiège s'appuie sur ses trois piliers : l'enseignement, la recherche et le service à la collectivité.
L'ULiège forme des citoyens responsables, dotés de connaissances de pointe et d'un esprit critique, capables de partager les savoirs et de faire progresser un monde de plus en plus complexe.
L'ULiège développe et valorise une recherche d’excellence, pluridisciplinaire et en prise directe avec ses enseignements.
L’ouverture au monde est au cœur des priorités de l’Université de Liège. L’institution propose de nombreuses formules de mobilité internationale tant à ses étudiants qu’à ses chercheurs et son personnel, permettant ainsi à chacun de renforcer ses compétences transversales et sa connaissance des langues.
L'ULiège : une expérience à vivre au quotidien. Implantée dans 3 villes et 4 campus, l'université est un acteur incontournable en termes d'environnement et de mobilité.
Depuis qu’un éducide - c’est-à-dire la destruction délibérée d’universités et d’institutions d’éducation et de recherche - a été attesté à Gaza, l’ULiège, qui est reconnue comme « université hospitalière », a multiplié les démarches pour sélectionner et accueillir des scientifiques gazaouis. Trois bourses ont été dégagées mais aucune de ces personnes n’a encore pu être accueillie. Les autorités de l’ULiège dénoncent ce blocage diplomatique et plaident pour la création, par les autorités fédérales, d’une voie rapide administrative qui permettrait aux chercheurs de quitter leur pays d’origine en situation de conflit.
Heba Abu Shammala-Abuabdou a pu rejoindre Liège cet automne et entamer, le 1er décembre, une thèse de doctorat consacrée à la didactique des mathématiques, en faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l’éducation. Elle bénéficie d’une bourse du programme ULiège, Université hospitalière.
Elle a ainsi rejoint son époux, lui-même engagé à l’Université libre de Bruxelles depuis décembre 2024. C’est parce que la famille était réfugiée au Caire depuis près de deux ans que leur arrivée en Belgique a été possible ; ce n’est toujours pas le cas pour les chercheurs et chercheuses restés à Gaza, puisque les règles établies par le Ministère des Affaires Étrangères les empêchent encore et toujours de quitter l’enclave pour rejoindre notre pays. Ainsi, Basem Ahmed et sa famille sont toujours bloqués à Gaza, malgré l’obtention de toutes les autorisations, visas et permis de la part de l’Office des Étrangers (fédéral) et de la Région wallonne. Leurs conditions de vie déjà précaires - dans une simple tente, sans moyen de subsistance régulier - se sont encore dégradées en raison de l’arrivée des pluies et du froid hivernal.
L’Université de Liège continue à demander instamment au Ministre des Affaires Étrangères une voie rapide administrative permettant l’évacuation rapide et l’accueil de ces profils hautement qualifiés.
Depuis mai 2024, et la reconnaissance de l’éducide à Gaza par Amnesty International, plusieurs chercheurs à l’Université de Liège ont multiplié les contacts avec des confrères et consœurs gazaouis. Leur objectif : accueillir à Liège, comme le permet le programme « université hospitalière », des scientifiques et leur famille. Sur une cinquantaine de dossiers reçus, deux chercheurs et une chercheuse ont été sélectionnés. Aucun d’entre eux n’a pu rejoindre l’ULiège à ce jour.
Le cas du Palestinien Basem Ahmed est révélateur. « Cet informaticien, spécialiste reconnu dans le traitement automatique des langues, est attendu pour travailler en Faculté de Philosophie et Lettres dans un projet de recherche en collaboration avec l’Université de Lorraine. Il a reçu un permis de travail en bonne et due forme de la Région wallonne mais pas encore de visa auprès de l’Office des étrangers » se désole Élise Franssen, chercheuse qualifiée FRNS, spécialisée en langue arabe et études islamiques, au cœur des échanges avec Basem Ahmed depuis des mois. Elle dénonce une « situation ubuesque ». « L’État fédéral bloque le processus, tout comme l’État israélien bloque les frontières. Ce blocus israélien n’est cependant pas insurmontable : la France a pu évacuer plus de 200 chercheurs, chercheuses et artistes, avec leurs familles respectives » pointe-t-elle.
Basem Ahmed est donc toujours coincé à Gaza, avec ses cinq enfants et son épouse. Sa situation a empiré : sa famille et lui se sont réfugiés dans une tente sur un petit lopin de plage loué au prix fort. Ils ne mangent plus qu’une fois par jour, voire tous les deux jours. Et si les bombes ne pleuvent plus depuis quelques jours, la situation pour les Gazaouis reste extrêmement tendue.
« Toutes les démarches nécessaires ont été accomplies, y compris un screening de la Sûreté de l'État » indique Michel Moutschen, vice-recteur à la recherche. Il précise que l’ULiège ne demande pas d’argent à l’État belge, mais une facilitation administrative. « Nous plaidons pour la mise en place d’une voie rapide administrative qui permettrait d’évacuer des scientifiques de leur pays d’origine où les conflits les mettent en danger, ainsi que leur famille, que ce soit à Gaza ou ailleurs » explique-t-il.
La démarche entamée par l’ULiège, que d’autres universités mènent aussi, n’est pas uniquement humanitaire. « Il s’agit d’une sélection scientifique rigoureuse, note encore Élise Franssen. Notre université a tout à gagner à accueillir ces chercheurs palestiniens. Ne pas les faire venir, c’est préjudiciable pour nous aussi ».
En tant qu’« université hospitalière », l’ULiège a débloqué des moyens pour accueillir le chercheur palestinien et sa famille et pour assurer sa rémunération. « Ces fonds sont prévus pour aider à l’installation de chercheurs et chercheuses, mais aussi plus largement d’étudiants, qui fuient les conflits ou dont le pays menace la vie » précise Pierre Duysinx, vice-recteur à la Mobilité et à l’International, chargé de la mise en œuvre de ce programme.
Communiqué du Conseil des rectrices et recteurs du 20 février 2025.
L'Université de Liège développe différentes initiatives en faveur de l’accueil et de l’intégration sur ses campus des étudiant·es et chercheur·ses qui fuient les conflits ou dont le pays menace la vie.
Communiqué du Conseil des rectrices et recteurs du 9 septembre 2024