Retour sur le 6ᵉ Congrès de la Chaire internationale Mukwege
Pendant trois jours, l’ULB a accueilli le 6ᵉ Congrès de la Chaire internationale Mukwege, consacré au parcours de reconstruction des femmes victimes de violences sexuelles. Scientifiques, décideurs et acteurs de terrain y ont croisé leurs regards autour des quatre piliers de la prise en charge (médicale, psychologique, juridique et socio-économique) pour penser, du corps meurtri à la résilience, des réponses plus justes et plus coordonnées.
I
nitiée par Véronique De Keyser, professeure émérite de l’ULiège, la Chaire internationale Mukwege se consacre au développement de recherches interdisciplinaires sur les violences sexuelles envers les femmes. Elle fédère savoirs, expertises et pratiques de partenaires et d’universités en Belgique et à l’international, en réunissant académiques et acteurs de terrain engagés dans la lutte contre ces violences en contextes de conflit.
Depuis 2019, la Chaire organise chaque année un congrès dans l’une des universités partenaires, au croisement de la recherche et de l’action. Après avoir abordé notamment les réparations holistiques (Bukavu, 2022), la lutte contre l’impunité (Liège, 2023), les violences touchant les enfants (Angers, 2024) ou encore les avancées liées aux droits des femmes et aux ODD (Montréal, fin 2024), le 6ᵉ Congrès s’est tenu à l’Université libre de Bruxelles, accueilli par la Faculté des Sciences de la Motricité Humaine.
6e congrès à l'Université Libre de Bruxelles (ULB)
Pendant trois jours, décideurs, scientifiques, professionnels, associations et personnes concernées se sont retrouvé·e·s pour réfléchir, échanger et agir autour d’un fil rouge essentiel : le parcours de reconstruction des femmes victimes de violences sexuelles, avec un focus sur le corps et la résilience.
Les échanges ont été structurés autour des quatre piliers de la prise en charge des survivantes de violences sexuelles avec extrême violence :
- Pilier médical : retours d’expérience et approfondissements (prise en charge des plaies infectées, anesthésie, gastro-entérologie, gynécologie, chirurgie des fistules, chirurgie et rééducation pelvienne), en lien avec l’expertise de l’hôpital de Panzi.
- Pilier psychologique : expression psychosomatique des souffrances, résilience face aux traumatismes récurrents, souffrance des acteur·rice·s de la prise en charge, articulation avec les dimensions juridique, médicale et économique.
- Pilier juridique : droit et criminologie, souffrance physique et mutilations, droit comme outil de réparation symbolique et réelle, apports et limites des réponses juridiques.
- Pilier socio-économique : santé publique, réinsertion sociale, santé reproductive, accès à la contraception et à la prévention des MST, interventions auprès des personnes éloignées des dispositifs, reconnaissance des droits (dont la question de l’IVG pour les victimes).
Ce 6ᵉ Congrès a confirmé l’importance d’une approche pluridisciplinaire et coordonnée, à la fois scientifique et ancrée dans le terrain, pour faire progresser les savoirs, les pratiques et les politiques publiques en matière de justice, de paix et de lutte contre les violences sexuelles.
