Journée internationale des femmes et des filles de science

À l’ULiège, les amphithéâtres se féminisent !


Dans Institution et engagements
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©️ De gauche à droite : Pr Léa Brakier-Gingras, Pr Françoise Héritier, Pr Gilberte Haneuse-Reginster

Célébrée chaque année le 11 février depuis sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015, la Journée internationale des femmes et des filles de science met en lumière les contributions majeures des femmes en science et rappelle que progrès scientifique et égalité de genre doivent avancer de concert pour relever les défis mondiaux. À cette occasion, l’Université de Liège choisit de mettre en lumière une initiative concrète en faveur de l’égalité de genre : la féminisation des noms d’amphithéâtres et de salles de cours.

Longtemps invisibilisées dans la toponymie universitaire, les femmes retrouvent aujourd’hui une place légitime au cœur même des lieux de transmission du savoir. De Mania Pavella à Françoise Héritier, en passant par Hena Maes-Jelinek, ces pionnières donnent désormais leur nom aux espaces où se forment les générations futures.

Un engagement institutionnel

Depuis 2019, l’ULiège s’est engagée activement dans la lutte contre toutes les formes de discrimination, notamment avec la création en 2022 du Conseil Genre et Égalité (CGE). La féminisation progressive des noms de salles et d’amphithéâtres s’inscrit pleinement dans le Plan Stratégique Institutionnel de l’Université et constitue une avancée concrète de cet engagement.

Comme la rebaptisation des rues et des places dans l’espace public, cette démarche constitue un geste symbolique fort, porteur de visibilité, de reconnaissance et de légitimité pour les femmes dans l’enseignement et la recherche. Au-delà de l'hommage rendu à des figures féminines ayant eu un impact dans leur domaine, le projet participe à une lecture plus complète et plus juste de l'Histoire.

Il a également une influence directe sur les étudiantes et chercheuses d’aujourd’hui et de demain, en proposant des modèles d’identification et en contribuant à renforcer le sentiment de légitimité des femmes dans l’ensemble des domaines académiques.

Des réalisations déjà bien concrètes

En 2023, chaque faculté a été invitée à constituer un groupe de travail réunissant chercheur·euses, enseignant·es et étudiant·es, chargé de formuler des propositions en fonction de ses disciplines et cultures scientifiques spécifiques. Le Conseil Genre et Égalité assure l’harmonisation institutionnelle et l’accompagnement du processus.

Plusieurs facultés ont d’ores et déjà engagé ce travail et enregistré des avancées significatives.  

Faculté des Sciences sociales et Faculté de Droit, de Sciences politiques et de Criminologie

Ces deux facultés ont collaboré pour renommer plusieurs amphithéâtres du bâtiment B31, désormais dédiés à des figures féminines majeures ayant profondément marqué les disciplines qui y sont enseignées : Marie-Andrée Bertrand, Mireille Delmas-Marty, Françoise Héritier, Margaret Mead, Marianne Weber et Catherine Zwetkoff.

Marie-Andrée BERTRAND (1925 - 2011) Mireille DELMAS-MARTY (1941 - 2022) Françoise Héritier (1933 - 2017) Margaret Mead (1901 - 1978) Marianne WEBER (1870 - 1953) Catherine ZWETKOFF (1944 - 2021)

Faculté des Sciences appliquées

Le 19 décembre 2024, un amphithéâtre a été inauguré au nom de Mania Pavella, première professeure de la faculté. Au-delà de l’excellence de sa carrière scientifique, le parcours de Mania Pavella marque une avancée majeure pour la reconnaissance des femmes dans les disciplines STEM.

Mania Pavella (1934 -)

Faculté des Sciences

Le choix de la faculté s’est porté sur des binômes composés de femmes et d’hommes pour renommer ses espaces. Le processus est toujours en cours et plusieurs figures féminines ont déjà été retenues. Les accords ont été obtenus pour les noms suivants : Léa Brakier-Gingras, Ingrid Daubechies, Suzanne Leclercq, Anne-Marie Libert, Arlette Noels-Grotsch, Bernadette Mérenne-Schpumaker et Nadia Pinardi. Une inauguration est envisagée pour la rentrée académique 2026.

Léa Brakier- Gingras (1940 - 2021) Ingrid Daubechies (1954-) Marie-Anne Libert (1782 - 1865) Suzanne Leclercq (1901 - 1994) Bernadette Mérenne-Schoumaker (1943-) Arlette Noels-Grotsch (1943-) Nadia Pinardi (1956-)

Faculté de Philosophie et Lettres

La faculté a rebaptisé plusieurs de ses salles en hommage à des femmes marquantes : Suzanne Clercx, Claudine Gothot-Mersch, Marguerite Horion-Delchef, Hedy Lamarr, Hena Maes-Jelinek et Danica Seleskovitch. Parallèlement, un recensement des autres salles du centre-ville portant des noms de personnalités est mené, accompagné de l’ajout de plaques explicatives. Cette démarche se poursuit et d’autres espaces pourraient encore être renommés.

Suzanne Clercx (1910 – 1985) Claudine Gothot-Mersch (1932 - 2016) Marguerite Horion-Delchef (1874 – 1964) Hedy Lamarr (1914 – 2000) Hena Maes-Jelinek (1929 - 2008) Danica Seleskovitch (1921 – 2001)

Faculté de Médecine

Le 21 janvier 2026, la faculté a inauguré un amphithéâtre portant le nom de la professeure Gilberte Haneuse-Reginster, docteure en Médecine et en Sciences cliniques (PhD) et chargée de cours honoraire de l’Université de Liège. Avant de devenir professeure, elle fut l’assistante du professeur Jacques Roskam. L’amphithéâtre, auparavant dédié à ce dernier, a été renommé « Haneuse & Roskam », réunissant symboliquement ces deux figures étroitement liées dans leur parcours académique. 

Gilberte Haneuse - Reginster (1931- )

Faculté de Psychologie

La Faculté de Psychologie a également engagé ce travail de renomination. Six salles et amphithéâtres seront dédiés à des femmes emblématiques : Dorothy Bishop, Ada Byron, Émilie Carles, Jodie Devos, Lillian M. Gilbreth et Annette Karmiloff-Smith.

Dorothy Bishop (1952 -) Ada Byron (1815 - 1852) Émilie Carles, née Allais (1900 - 1979) Jodie Devos (1988 - 2024) Lillian M. Gilbreth (1878 - 1972) Annette Karmiloff-Smith (1947 - 2016)

Femmes et sciences : un enjeu toujours d’actualité

Quelques chiffres clés à l’ULiège (2024–2025)

À l’Université de Liège, les données récentes mettent en évidence des disparités persistantes en matière de représentation des femmes selon les disciplines et les niveaux de carrière académique.

La population étudiante se compose de 59 % de femmes et de 41 % d’hommes. Les étudiantes représentent 41 % des effectifs dans le secteur des sciences et techniques, 44 % en Faculté des Sciences et 24 % en Faculté des Sciences appliquées.

Au sein du personnel, les femmes constituent 32 % du corps académique et 51 % du corps scientifique. Malgré un nombre élevé de diplômées, leur présence diminue à mesure qu’elles progressent dans leur carrière. Cette évolution met en évidence la persistance du plafond de verre qui, bien qu’il tende à se réduire lentement, demeure une réalité aux niveaux hiérarchiques et académiques les plus élevés.

 

Rapport sur l’état de l’égalité de genre 2024-2025

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