ETCETERA : préparer le Télescope Einstein à l’ère des ondes gravitationnelles


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©️ Shutterstock / Einstein Telescope

Le Télescope Einstein, futur observatoire d’ondes gravitationnelles qui pourrait être érigé dans la région Meuse-Rhin, générera des flux de données colossaux que les infrastructures actuelles sont incapables de traiter. Pour relever ce défi technologique sans précédent, le consortium ETCETERA réunit 14 partenaires de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne autour du développement d’une architecture de calcul et d’intelligence artificielle entièrement dédiée à cet instrument. Ce projet est financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER), avec un soutien de la Région wallonne.

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epuis la première détection historique d’ondes gravitationnelles en 2015 par les détecteurs LIGO et Virgo, la physique des ondes gravitationnelles a bouleversé notre vision de l’Univers. Le Télescope Einstein représente la prochaine révolution. "Le télescope Einstein est un instrument de troisième génération, cent fois plus sensible que ses prédécesseurs, capable de détecter des fusions de trous noirs, des supernovas et, peut-être pour la première fois, des empreintes de matière noire, jusqu’à la proximité du Big Bang, explique Maxime Fays, astrophysicien à l'Université de Liège.

Cette puissance exceptionnelle s’accompagne toutefois d’un défi considérable, le Télescope Einstein va capter plusieurs gigaoctets de données par seconde, soit des milliers d’événements cosmiques annuels. "Les méthodes d’analyse actuelles sont trop lentes et trop énergivores, elles ne pourront pas suivre ce rythme, reprend le chercheur." C'est dans ce cadre que s'est développé le  projet ETCETERA (Einstein Telescope Computing, Experimental Testbed & End-to-end Research Architecture), financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER) avec un cofinancement de la Région wallonne, qui a démarré officiellement le 1er octobre 2026 pour une durée de trois ans.

ETCETERA développe trois grands axes technologiques. Le premier concerne les pipelines d’analyse bas-latence basés sur l’intelligence artificielle (IA) permettant de déterminer en une fraction de seconde si un signal capturé est scientifiquement exploitable et d’orienter en temps réel les télescopes conventionnels vers la source d’un événement. Le deuxième axe porte sur l’intelligence embarquée, des algorithmes d’IA intégrés directement dans les composants physiques du télescope pour compenser en temps réel les micro-vibrations terrestres. Enfin, le troisième axe développe une infrastructure de calcul hétérogène distribuée, échelonnable à l’échelle des pétaoctets (1 Po = 1 000 000 Go) .

Au-delà de la physique fondamentale, les technologies développées dans le projet ETCETERA, comme dans le développement du télescope lui-même, ont vocation à essaimer dans d’autres secteurs. Le traitement de flux massifs de données en temps réel, la détection de signaux faibles dans le bruit ou la gestion intelligente des ressources informatiques sont directement transférables à la médecine, l’énergie, la finance ou l’aérospatial. "La collaboration étroite entre sept universités et sept entreprises du consortium garantit que ces innovations trouveront rapidement des débouchés industriels concrets, renforçant la souveraineté numérique européenne", se réjoui Justin Jancquart, physicien à l'UCLouvain.

En renforçant l’écosystème scientifique et technologique de l’Eurégio, ETCETERA contribue également à consolider la candidature de la région Meuse-Rhin pour l’accueil du Télescope Einstein. Le projet constitue la première démonstration concrète d’une architecture de calcul transfrontalière dédiée à cet instrument, et servira de fondation pour les projets futurs.

A propos du Télescope Einstein

Le Télescope Einstein / Einstein Telescope (ET) est un projet européen visant à construire le détecteur d'ondes gravitationnelles de troisième génération le plus puissant au monde. Cet instrument sera enfoui à 300 mètres sous terre afin de mesurer les ondes gravitationnelles dans les meilleures conditions possibles. Dix fois plus sensible que son prédécesseur Virgo, il permettra d'étudier des phénomènes cosmiques extrêmes tels que la fusion d'étoiles à neutrons, la collision de trous noirs ou encore les explosions en supernovas, en couvrant une large bande de fréquences. Depuis 2019, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne travaillent ensemble pour accueillir cet observatoire dans la région de l'Euregio Meuse-Rhin, notamment près d'Aubel en Wallonie, en concurrence avec un site en Sardaigne. Si le projet est retenu, la Wallonie s'engage à investir 200 millions d'euros à partir de 2028, avec l'espoir que cette infrastructure révolutionnaire permette de mieux comprendre les origines de l'univers et le Big Bang.

Revoir l'épisode de l'émission LABO4 sur les ondes graviationnelles

Partenaires et contacts


ETCETERA est financé par le programme Interreg Meuse-Rhin (FEDER) avec le cofinancement de la Région wallonne. Le projet réunit l'Universiteit Hasselt (partenaire coordinateur), la KU Leuven, l'UCLouvain, l'Universiteit Utrecht, l'Université de Liège, la RWTH Aachen, l'Universiteit Maastricht, les sociétés Spacebel S.A., Boosting Alpha B.V., B12 Consulting / YUMA, DELTATEC, Dataminded, dataMatters GmbH et Aprico Consultants.

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