Stop Alzheimer, la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, soutient en 2026 quatre projets portés par des chercheuses et chercheurs de l’Université de Liège (GIGA Institute), pour un montant total de 630.000 euros.
Ces nouveaux financements portent à 23 le nombre total de projets ULiège soutenus par Stop Alzheimer au cours des dernières années, pour un montant cumulé de 4,2 millions d’euros, faisant de la Fondation le principal soutien aux projets menés par l’ULiège dans la compréhension de la maladie d’Alzheimer.
Les quatre projets soutenus en 2026 sont :
- Mikhail Zubkov — MAGyC: Multimodal Magnetic Resonance Imaging Assessment of the Glymphatic Clearance System — 110.000 euros
- Jeremy Gardette — Context reinstatement as an indirect and unbiased measure of cognitive changes in pre-clinical Alzheimer’s disease — 110.000 euros
- Christina Schmidt — Temperature dynamics in Alzheimer’s Disease: does sleep-dependent brain cooling offer neuroprotection? — 300.000 euros
- Evgenios Kornaropoulos — Glymphatic Dysfunction in Alzheimer’s Disease: Characterizing Brain Waste Clearance Impairment Across Cognitive States with Multimodal Ultra-high Field MRI — 110.000 euros
En Belgique, la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées représentent un défi médical, scientifique et sociétal majeur. Le vieillissement de la population rend plus urgente encore la nécessité de mieux comprendre les mécanismes précoces de la maladie, d’améliorer les outils de diagnostic et d’ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques.
« L’Université de Liège joue un rôle de premier plan dans la compréhension de la maladie d’Alzheimer. Nous sommes heureux de pouvoir soutenir ces projets prometteurs, sélectionnés pour leur qualité scientifique et leur potentiel à faire progresser la recherche au bénéfice des patients et de leurs proches », souligne Lucie Leroux, responsable des activités francophones de Stop Alzheimer, la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer.
Quatre projets pour mieux comprendre, détecter ou prévenir la maladie d’Alzheimer
Christina Schmidt et Marieke Hoekstra - Le refroidissement cérébral lié au sommeil peut-il protéger le cerveau ?
Le projet porté par Christina Schmidt (Laboratoire Chronobiology & Cognition, GIGA Institute), en co-promotion avec Marieke Hoekstra de la KULeuven et en collaboration avec Mohamed Ali Bahri, s’intéresse aux liens entre sommeil, température corporelle et cérébrale, et les marqueurs sanguins liés au risque de développer la maladie d’Alzheimer. Les troubles du cycle veille-sommeil apparaissent souvent avant le déclin cognitif et sont associés à l’accumulation précoce de marqueurs pathologiques, comme les plaques amyloïdes et les agrégats de protéine tau.
Le projet explore l’hypothèse selon laquelle la baisse de température liée au sommeil pourrait jouer un rôle neuroprotecteur. En étudiant les fluctuations de température corporelle et cérébrale, ainsi que leur lien avec le sommeil et les biomarqueurs précoces de la maladie, l’équipe souhaite ouvrir de nouvelles pistes pour mieux comprendre les mécanismes précoces de la maladie d’Alzheimer et, à terme, identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Avec le projet MAGyC, Mikhail Zubkov étudie le système glymphatique, un mécanisme naturel par lequel le cerveau élimine ses déchets, notamment certaines protéines impliquées dans la maladie d’Alzheimer, comme la bêta-amyloïde.
Le cerveau évacue ces déchets grâce à un mouvement de liquides à travers ses tissus. Lorsque ce système fonctionne mal, des substances toxiques peuvent s’accumuler et contribuer au développement de maladies de type Alzheimer. Le projet vise à déterminer si un dysfonctionnement du système glymphatique augmente le risque de développer la maladie. Pour cela, les chercheurs utilisent l’IRM, notamment pendant le sommeil, moment où ce nettoyage cérébral est le plus actif et où les anomalies pourraient être plus visibles. L’objectif est d’améliorer le dépistage précoce et la prévention en comprenant mieux le rôle du système glymphatique dans les premières étapes de la maladie.
Le projet vise à développer un test de mémoire capable de détecter très tôt les signes de la maladie d’Alzheimer, avant même qu’un diagnostic officiel ne soit posé. Ce test présente l’avantage de ne pas être directement influencé par les différences naturelles entre les personnes, comme le niveau général de mémoire ou d’intelligence. Plutôt que de mesurer uniquement ce que les participants se rappellent, il analyse l’effet indirect de certaines informations sur leurs réponses, afin de repérer des changements subtils dans le cerveau. Les chercheurs combineront tests cognitifs, imagerie cérébrale de haute précision et mesures de biomarqueurs sanguins chez des personnes de plus de 60 ans qui se plaignent de problèmes de mémoire, mais qui n’ont pas reçu de diagnostic. L’objectif est d’établir un test cognitif sensible aux premiers changements cérébraux, capable de contribuer à un diagnostic plus
précoce de la maladie d’Alzheimer.
Le projet porte également sur le système glymphatique, mais avec une approche centrée sur la comparaison de différents états cognitifs et cliniques. À l’aide d’une IRM 7T non invasive, les chercheurs mesureront la capacité du cerveau à éliminer ses déchets en comparant l’imagerie réalisée pendant l’éveil et pendant le sommeil chez chaque participant. L’étude combinera plusieurs techniques pour observer le mouvement du liquide cérébro-spinal, la structure cérébrale, certaines régions importantes pour la mémoire et les espaces autour des vaisseaux sanguins.
Trois groupes seront étudiés : des personnes âgées en bonne santé, des patients présentant des symptômes persistants après une commotion cérébrale et des patients atteints de trouble cognitif léger. L’objectif est de faire de l’IRM glymphatique en état de sommeil un outil précoce pour détecter la maladie d’Alzheimer et mieux prédire le risque de déclin cognitif.
À propos de Stop Alzheimer — la Fondation Recherche Alzheimer
StopAlzheimer — la Fondation Recherche Alzheimer soutient la recherche scientifique fondamentale et clinique menée en Belgique afin de mieux comprendre la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, d’améliorer le diagnostic et de développer de nouvelles pistes thérapeutiques.
Participation à une étude en tant que volontaire
Les personnes peuvent contacter les chercheurs via courriel à l’adresse agitude@uliege.be ou par téléphone au +32 (0)4 366 32 12.
Contact
Lucie Leroux : lucie@stopalzheimer.be