Ce 15 juin, le Prix 2025-2026 du Corps Consulaire de la province de Liège a été attribué à Marine Quoibion, diplômée du master en sciences politiques à finalité spécialisée en relations internationales de l’Université de Liège, obtenu avec grande distinction. Son mémoire de fin d’études, intitulé « La place des intelligences artificielles en tant que technologies duales dans la reconfiguration des dynamiques stratégiques et militaires contemporaines. Regards croisés du conflit russo-ukrainien et israélo-gazaoui », propose une analyse originale et rigoureuse du rôle croissant des intelligences artificielles dans les conflits armés contemporains.
Dans un contexte international marqué par l’accélération des innovations technologiques, la montée des tensions géopolitiques et la transformation des formes de guerre, Marine Quoibion interroge la manière dont les intelligences artificielles, en tant que technologies duales — à la fois civiles et militaires —, redéfinissent les équilibres stratégiques. Son travail dépasse les représentations spectaculaires ou futuristes souvent associées à l’IA militaire pour analyser, de façon empirique et comparée, ses usages concrets sur le terrain.
Le mémoire montre que les IA ne constituent pas encore une rupture totale conduisant à une guerre entièrement automatisée. Elles agissent plutôt comme des multiplicateurs de force, notamment dans l’aide à la décision, le renseignement, la surveillance, le ciblage, la logistique, la cybersécurité ou encore la guerre de l’information. Dans le conflit russo-ukrainien, elles apparaissent comme un outil de survie stratégique permettant à l’Ukraine de compenser une infériorité quantitative par l’agilité technologique, l’exploitation des données et l’innovation rapide. Dans le conflit israélo-gazaoui, elles sont analysées comme un instrument de supériorité technologique intégré à une doctrine militaire déjà fortement numérisée, mais aussi porteur de risques liés aux biais algorithmiques, à la dépendance informationnelle et aux erreurs d’appréciation stratégique.
L’un des apports majeurs du travail réside également dans l’attention portée au rôle des firmes technologiques transnationales. Microsoft, Amazon, Google ou Palantir, par leurs capacités en matière de cloud computing, de cybersécurité et de traitement massif des données, deviennent des acteurs stratégiques des conflits contemporains. Le mémoire met ainsi en évidence une recomposition du complexe militaro-industriel traditionnel et l’émergence de nouveaux centres de pouvoir, situés à l’intersection des États, des armées, des entreprises technologiques et des infrastructures numériques globales.
Marine Quoibion poursuit actuellement sa formation à l’Université de Namur, dans un master de spécialisation en droit du numérique et des technologies de l’information et de la communication.
La remise du Prix a eu lieu à l’Université de Liège, en présence des Autorités académiques et des représentants du Corps Consulaire de la province de Liège et des membres du jury. Ce prix valorise chaque année un mémoire rédigé à l’Université de Liège présentant une dimension de relations internationales.
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Marine Quoibion
Retour en images sur la cérémonie de remise du Prix du Corps Consulaire 2026
Crédit : ULiège ©Valentine Grognard