Professeur émérite et chercheur au laboratoire GIGA-I3 de la Faculté de Médecine de l'Université de Liège, Vincent Geenen se voit décerner une distinction internationale qui couronne des décennies de recherche fondamentale sur l'organe thymus et son rôle clé dans la prévention des maladies auto-immunes endocriniennes.
C'
est à Chicago, ce 14 juin 2026, que le Professeur Vincent Geenen a reçu le Delbert A. Fisher Research Scholar Award lors du Congrès annuel de l'Endocrine Society. Ce prix estdécernée par l'Endocrine Society, la plus grande organisation mondiale dédiée à la recherche en endocrinologie, regroupant plus de 18 000 membres dans 122 pays. Ce prix récompense un chercheur ou une chercheuse dont les contributions ont marqué de façon durable le champ de la recherche endocrinologique, tant sur le plan scientifique qu'historique. Vincent Geenen est le premier Belge à recevoir ce prix qui est associé à la Clark T. Sawin Memorial History of Endocrinology Lecture, une conférence plénière d'exception prononcée devant la communauté internationale réunie en congrès. C'est dans ce cadre solennel, au Chicago Convention Center, que le Professeur Geenen a pris la parole ce 14 juin 2026 pour livrer une conférence intitulée : "History of the thymus : from a vestigial organ to the unique orchestrator of the central self-tolerance to neuroendocrine principles".
Le thymus au cœur des recherches de Vincent Geenen à l'ULiège
"Le thymus a longtemps été considéré comme un organe ayant perdu ses fonctions précises à l'âge adulte, explique Vincent Geenen. Pourtant, ce même thymus est aujourd'hui reconnu comme un acteur central du système immunitaire. C'est dans cet organe, situé dans la région du thorax, que les lymphocytes T - les cellules immunitaires chargées de défendre l'organisme - sont formés et éduqués." Cette "éducation" conduit à un mécanisme fondamental : la tolérance immunitaire centrale, c'est-à-dire l’incapacité du système immunitaire à attaquer ses propres constituants.
En 1987-1988, cinq équipes de recherche ont simultanément établi que le thymus est le siège de l'élimination des lymphocytes auto-réactifs, autrement dit ceux qui pourraient, si laissés libres, agresser les propres tissus de l'organisme, un processus appelé sélection négative. L’apport spécifique de l'équipe liégeoise, conduite par le Professeur Geenen, a permis de démontrer que cette tolérance s'exerce de manière particulièrement précise vis-à-vis des glandes endocrines : thyroïde, pancréas, surrénales… Des organes qui, lorsque la tolérance thymique fait défaut, deviennent les cibles privilégiées de maladies auto-immunes telles que le diabète insulino-dépendant de type 1 ou la thyroïdite d'Hashimoto.
Des implications majeures pour la santé humaine
Les maladies auto-immunes touchent environ 5 à 8 % de la population mondiale et constituent un problème de santé publique croissant. Les travaux du Professeur Geenen et de son équipe ont ouvert une voie prometteuse. Comprendre précisément comment un dysfonctionnement du thymus peut conduire au développement de ces pathologies permettrait d'envisager, à terme, des stratégies de prévention ou de traitement ciblées. Ces recherches, soutenues notamment par le FNRS, la Région wallonne, l'Union européenne et la Juvenile Diabetes Research Foundation s'inscrivent dans une dynamique scientifique internationale au croisement de l'immunologie, de l'endocrinologie et de la neurobiologie.
Vincent Geenen incarne une tradition liégeoise d'excellence en recherche fondamentale. L'attribution du Delbert A. Fisher Research Scholar Award témoigne de la portée internationale de ses contributions et illustre la capacité de l'ULiège à produire des recherches de tout premier plan dans le domaine des sciences biomédicales.