Arts et artistes du Nord à la cour de François Ier


Dans Recherche Culture

Laure Fagnart, chercheur qualifié du F.R.S.-FNRS au sein de l'Unité de recherches Transitions, et Isabelle Lecocq, première assistante à l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA_KIK – Bruxelles) et collaboratrice scientifique à l'Université de Liège, publient l’ouvrage "Arts et artistes du Nord à la cour de François Ier"(1). Ce bel ouvrage, publié parallèlement à l’exposition "François Ier et l’art des Pays-Bas" qui se tient actuellement au Musée du Louvre, réunit une quinzaine de contributions qui réhabilitent la présence, longtemps négligée, des arts du Nord à la cour de France.

De toutes les images que la postérité nous a laissées de François Ier, celle de l’amateur d’art italien est probablement l’une des plus profondément ancrées dans la mémoire collective. On sait moins la richesse des relations que le souverain a nouées avec le Nord, en particulier son intérêt pour les arts des anciens Pays-Bas méridionaux. Les artistes flamands, spécialement les portraitistes, ont joué un rôle de premier plan dans la vie culturelle française de l’époque.

Ainsi François Ier confie-t-il à des Flamands le soin d’exécuter ses portraits ou ceux de son entourage. Jean Clouet, portraitiste officiel du premier roi Valois, en est l’exemple le plus fameux. D’autres personnalités flamandes sont présentes à la cour de France, comme les peintres et dessinateurs Gauthier de Campes, Godefroy le Batave, Léonard Thiry ou Noël Bellemare, au service de François Ier ou actifs sur les chantiers royaux, notamment à Fontainebleau. Leur influence s’étend aux domaines de la majolique, des arts dits « décoratifs » et de la gravure.

La place de l’art flamand dans les collections royales françaises constitue un autre volet des relations entre le roi de France et les productions artistiques du Nord. À cet égard, la tapisserie est un champ d’acquisition exceptionnel pour le souverain français. La musique n’est pas en reste : plusieurs compositeurs flamands, ou d’origine flamande, fréquentent la chapelle royale de François Ier.

Les rapports entre François Ier et les arts des anciens Pays-Bas méridionaux ont donc été nombreux et extrêmement féconds, mais peu étudiés. L’ouvrage actuel entend combler cette lacune, en envisageant l’intérêt que le premier roi Valois a porté aux artistes, aux musiciens et aux œuvres des anciens Pays-Bas méridionaux. Il s’agit du premier ouvrage d’une première collection de l’Unité de recherche Transitions, destinée à un public large. Cette collection soutenue par les éditions Picard, est dirigée par Benoît Van den Bossche.


 (1) Laure FAGNART et Isabelle LECOCQ (dir.), Arts et artistes du Nord à la cour de François Ier, Paris, Picard (Coll. « Armarium : Moyen Âge – première Modernité. Une collection de l’unité de recherches Transitions – Liège université », 1), 2017, 254 pages, 39 euros.
Avec les contributions de Marie-Alexis Colin, Guy Delmarcel, Claire Dumortier, Laure Fagnart, Pierre-Gilles Girault, Ethan Matt Kavaler, Jamie Kwan, Anne-Sophie Laruelle, Isabelle Lecocq, Guy-Michel Leproux, Nicolas Le Roux, Lisa Mansfield, Luisa Nieddu, Benoist Pierre et Franciszek Skibiński.

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