Questions d’identité(s)


Dans Colloques

Infos

Dates
4 mai 2018
Lieu
Salle du Conseil, bât. 31
Quartier Agora - Place des Orateurs 3
4000 Liège
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Horaires
12h00-17h00
Prix
Gratuit
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Colloque

Sur une  pièce d’identité, nous retrouvons notre nom, prénom, date de naissance, sexe, photographie, signature, adresse, dans certains cas, ainsi que différents éléments reconnus par une administration permettant de nous définir et de nous distinguer. « Mon identité » me rend unique, elle signifie que personne ne m’est identique.

Mais l’identité, dans une approche non juridique, renvoie également à différentes formes d’identification qui dépendent à la fois de facteurs objectifs (langue, culture, milieu social ou économique, traits physiques) et subjectifs (sensibilités politiques ou philosophiques). L’identité n’a pas nécessairement besoin d’être reconnue ou officialisée, elle dépend d’un attachement émotionnel. Ce « sentiment d’appartenance » peut très bien être entrer en contradiction avec des éléments factuels. À titre d’exemple, un individu peut s’identifier « à gauche » sans pour autant que cela soit lié à appartenance ou non à une catégorie socio-économique.

Pour rompre avec toute approche essentialiste, l’identité est une notion complexe et vide mais pas pour autant vide de sens. En d’autres mots, l’identité n’est pas un état ni un objet : elle demeure fondamentalement virtuelle. Seuls ses effets sont tangibles : guerres, révolutions, naissance d’une nation, mais également luttes en faveur de l’élargissement des droits, politique migratoire, productions locales, etc. Malgré son caractère non-matériel, l’identité n’en demeure donc pas moins une réalité. Elle se créé, elle évolue et elle définit un ensemble de comportements, d’opinions et de valeurs tant individuels que collectifs pouvant être les moteurs de revendications religieuses, territoriales, ethniques, sociologiques, voire biologiques.

Si l’identité est un élément central de socialisation et de construction de l’individu ou de la collectivité, elle est également un vecteur de division. La définition de l’identité induit nécessairement une exclusion. Tout processus de définition entraine nécessairement le rejet de ce qu’il ne recouvre pas. À  l’extrême, une identité peut être vidée de tout contenu positif et s’articuler au travers d’une pure opposition. « Je » ne renvoie plus à « moi » mais à ce que les « autres » ne sont pas. Cette forme d’« identité négative » se définit « contre » les autres identités en insistant sur la différence, la frontière et le rejet. En ce sens, Jean-Paul Sartre écrivait que « ce n’est pas le Juif qui fait l’antisémite, mais l’antisémite qui fait le Juif ». L’identité est alors un moteur de conflits et d’édification de clivages (nationaux–non-nationaux, francophones-néerlandophones, chrétiens-musulmans, féministes-machistes, local-global, etc.), voire, dans certains cas, de ségrégation et de discriminations (racisme, culturisme, protectionnisme, etc.).

Les principales luttes sociales et politiques, nationales et internationales de ces dernières années illustrent, pour la plupart, ces différentes problématiques identitaires entre reconnaissance officielle et personnelle, entre valeurs positives et négatives, c’est-à-dire constituant des formes d’intégration et/ou d’exclusion : les mouvements indépendantistes catalans, écossais, lombards, le Brexit, les politiques anti-migratoires proposées par les partis d’extrême droite (mais pas uniquement), les politiques mémorielles en matière d’histoire et de transmission « d’une Histoire », les revendications religieuses et le fameux « choc des civilisations », le protectionnisme d’une certaine Europe blanche et catholique opposée à l’Islam, la construction européenne, la reconnaissance des minorités, l’inscription de nouveaux droits pour les femmes ou les homosexuels, etc.

Si souvent mobilisée dans la recherche mais également dans la presse, les débats, et les discussions de tous les jours, la question de l’identité demeure toujours aussi abstraite, contradictoire et mal définie. Afin de mieux appréhender les nombreuses définitions, instrumentalisations et répercussions de cette notion, la onzième édition des Après-midi de recherche du Département de Science politique de l’Université de Liège lance un appel à contributions sur la question de l’« identité » dans une approche multidisciplinaire.

Programme

12h00 : Accueil et lunch

12h30 : Mot d’introduction par le Pr. Catherine Fallon 

12h40 : Identités et normes

Allocution d’ouverture par le Pr. Quentin Michel (ULiège)

Intervenants

  • Pr. Catherine Fallon (ULiège) – Construction des catégories et des identités : comment des infrastructures de calcul invisibles trient les individus.
  • Lila Braunschweig (CEVIPOF) – Peut-on se passer de la reconnaissance ? Réflexion sur l’identité et la souveraineté.
  • Annie Niessen (ULiège) – Question d’européanité ou d’européanisation ? Les interprétations de l’identité européenne des États par les institutions de l’Union européenne : éléments définitoires et conditions d’éligibilité normatives.
  • D. Géraldine Rosoux (ULiège) – L’identité nationale consacrée par le juge constitutionnel belge : dernier bastion face à l’Europe?

Discutant : Pr. Nicolas Thirion (ULiège)

14h45 : Identités et présentation de soi

Allocution d’ouverture par le Pr. Benoit Dardenne (ULiège)

Intervenants

  • D. Sam Seydieh (Paris-Nanterre) – La transmission d'un passé de persécution dans l'espace militant LGBT (France). Propositions pour dépasser les approches stratégiques de la mémoire et des engagements militants.
  • Axel Gossiaux (ULiège) – De l’analyse de processus d’identifications et de constructions identitaires dans la culture hip-hop.
  • Abdrahamane Coulibaly (Paris-Saclay) – La violence d’Al Quaïda au Maghreb islamique (AQMI) de 1998 à 2013 : une lutte pour la reconnaissance ?
  • Gérard Amougou (Yaoundé II) – Notes introductives sur l’identité du sujet entrepreneur à partir d’une enquête effectuée au Cameroun.

 Discutant : Pr. Lincoln Bizzozero (Universidad de la República)

16h45 : Mot de clôture par François Debras (ULiège)

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Une organisation des Après-midi de la recherche du département de science politique de l'Université de Liège :

Sophie Wintgens, Audrey Weerts, François Debras, Liridon Lika et Jérôme Nossent

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