Prix et Distinction

Guillaume Albessard, alumni en Sciences Politiques remporte le prix François Delor 2018


Photo © Fédération Wallonie-Bruxelles

Le prix François Delor a été décerné ce mardi 17 avril à Guillaume Albessard par la Fédération Wallonie-Bruxelles et l’asbl Arc-en-Ciel pour son mémoire de fin d'études intitulé : “L’asile lié à l’orientation sexuelle. Les acteurs de la procédure belge reproduisent-ils une norme stéréotypée de l’homosexualité ?”

C

e prix a pour objectif de récompenser un mémoire qui enrichit de manière innovante les savoirs sur les questions LGBTI. Décédé en 2002, François Delor était un sociologue et psychanalyste, qui s’est investi dans la lutte contre le sida ainsi que plus généralement contre les discriminations liées à l'orientation sexuelle.

Deux candidats ex æquo pour cette 8e édition

Le jury a décidé cette année d’attribuer le prix à deux travaux, celui du liégeois Guillaume Albessard ainsi que celui de la bruxelloise Florence Thiry. L’étudiant en sciences politiques à l'ULiège est le troisième de notre université à être récompensé après Marie Delvoye et Simon Englebert. Le jeune diplômé de l’ULiège a reçu ce prix pour son mémoire “L’asile lié à l’orientation sexuelle. Les acteurs de la procédure belge reproduisent-ils une norme stéréotypée de l’homosexualité ?”.

Témoignage

Nous avons profité de son passage à l'Uliège pour revenir sur le parcours de Guillaume Albessard :

Mon intérêt pour les sciences politiques s’est développé quand j’ai commencé à lire le journal, suivre les informations et les débats de société. Je me suis dit que ça pourrait être intéressant de comprendre comment fonctionne la politique au niveau institutionnel et  les idéologies qui peuvent radicalement s'opposer à d’autres.

Le jeune homme a ensuite complété sa formation avec un master en Politiques Européennes :

En choisissant la finalité Politiques Européennes, j'avais pour objectif de faire changer les choses et de ne pas simplement exécuter une politique. Je me projetais davantage au niveau européen car au final beaucoup d’enjeux locaux se rapportent toujours à une décision européenne.

Pour conclure son master, il a comme tout étudiant, rédigé un mémoire de fin d'études. Il nous l’explique en quelques mots :

Mon mémoire s'intéresse aux demandeurs d’asile qui souhaitent obtenir le statut de réfugié parce qu’ils sont victimes d’homophobie. L’administration enquête afin d'octroyer ou non le statut, tandis qu'un entretien vise à analyser la demande des demandeurs d’asile. L’administration pose donc des questions qui, dans ce cas, sont soit un peu farfelues soit indignes par rapport au respect de la personne. Dans le cas des victimes d’homophobie, les questions sont plus intimes que dans le cas des persécutions politiques, religieuses ou ethniques. L’objectif de mon travail était donc de comprendre la procédure belge et d'en faire la critique.

Par la suite, Guillaume Albessard a eu l’opportunité d’effectuer un stage à Lisbonne, au Conseil portugais pour les Réfugiés par l'entremise d'une bourse de stage Erasmus+ "diplômés".

Il a été invité à réaliser un audit sur la problématique de l'égalité homme-femme et sur les questions LGBTI dans l'accueil des demandeuses et demandeurs d’asile. Celui-ci en a profité pour rédiger une stratégie à l'intention de l’institution.

Après son stage, il a été recruté par l’ambassade belge du Portugal en vue de préparer la visite d’Etat qui aura lieu en octobre 2018 :

Pour moi, c’est un autre monde. Ça n’a plus rien avoir avec le monde associatif où je venais d’effectuer des stages. Pour la suite, ce sera une expérience qui ne pourra qu’être utile. Travailler à l’ambassade c’est prévoir l'imprévu, organiser des événements, c’est comprendre la diplomatie actuelle entre deux pays de l’Union européenne et aussi assister un ambassadeur.

Une récompense académique et militante

Guillaume souligne que cette récompense est à la fois une reconnaissance académique et militante. Le jury étant composé d’académiques, de militants ou d’académiques militants, c’est une reconnaissance de la valeur du travail, de la rigueur scientifique mais aussi de l’utilité que ça peut avoir au niveau politique et sociétal. Il espère que ce prix permettra à un maximum de personnes de prendre connaissance de son mémoire et d'en tirer des conclusions pour le futur.

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