Expédition scientifique

L’ULiège participe à l’expédition scientifique Tara Pacific


Dans Recherche

Photo © David Monmarché - Fondation Tara Expéditions

Des chercheurs des Laboratoires d’écophysiologie animale et de Génétique et physiologie des microalgues (UR InBios) ont participé à l’Expédition Tara Pacific qui vient d’arriver à son terme. Si la goélette va définitivement accoster au port de Lorient, les chercheurs quant à eux vont entamer le travail d’analyse dans le but de comprendre les mécanismes d’acclimatation et d’adaptation de certains coraux face aux changements climatiques.

C

raints par les explorateurs aux 16e et 17e siècles, curiosités de la nature pour les premiers chercheurs ou encore écosystèmes emblématiques des eaux tropicales pour nos contemporains, les récifs coralliens nous fascinent depuis des millénaires. Riches en espèces et hautement productifs, ces écosystèmes marins n’ont d’égal sur Terre que les forêts tropicales humides. S’ils constituent une source principale de nourriture pour des millions de personnes vivants dans les pays tropicaux, les récifs coralliens protègent surtout le littoral d’une population encore bien plus importante et représentent une source de revenus non négligeable pour les pays qui ont la chance d’en posséder. Cependant, en raison des perturbations climatiques globales qui se multiplient depuis les années 1980, les récifs coralliens ne cessent de décliner et l’image de carte postale qu’ils véhiculent pourrait bientôt faire partie du passé. C’est dans ce contexte que s’est mise sur pied l’expédition Tara Pacific – à laquelle ont participé des chercheurs des Laboratoires d’Écophysiologie animale et de Génétique et physiologie des microalgues (Unité de recherches InBios) - dont l’objectif est d’étudier la biodiversité et l’évolution des coraux récifaux face aux changements climatiques et aux pressions anthropiques.

Après avoir parcouru plus de 100.000 km, traversé 7 mers et océans, visité plus de 30 pays et 40 archipels, la goélette Tara, un bateau destiné à la fois à la recherche scientifique et à la défense de l'environnement, accostera à Lorient en France mettant ainsi un terme définitif à l’expédition Tara Pacific. Riche de l’expérience des 70 chercheurs qui sont montés à son bord, l’expédition aura permis de récolter plusieurs dizaines de milliers d’échantillons afin d’étudier de manière inédite les récifs coralliens de l’Océan Pacifique.

Stéphane Roberty, Van Dang, Félix Véga de Luna et Pierre Cardol, chercheurs à l’Université de Liège, ont pris part (avec l’aide de financements FNRS, ULiège et ERC) à l’expédition au mois de janvier 2018 lors de l’escale du bateau à Palau, en Micronésie. Ils ont rejoint leurs collaborateurs du Centre Scientifique de Monaco, de l’Université Bar Ilan (Israël), du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (France) et de l’Institut de Recherche sur le Cancer et le Vieillissement de l’Université de Nice-Sophia Antipolis (France). Pendant une quinzaine de jours l’ensemble de l’équipe a effectué de nombreux prélèvements et une série de mesures sous l'eau, en dehors et au labo afin de mieux comprendre les mécanismes d’acclimatation et d’adaptation des coraux de Palau face à l'acidification des océans et au réchauffement climatique. En effet, cet archipel de plus de 500 îles situé dans l'ouest de l'Océan Pacifique constitue un véritable laboratoire à ciel ouvert car il possède des zones récifales naturellement plus acides (pH 7.8) que la normale (pH de 8.2) où la population corallienne est importante, très diversifiée et plutôt résiliente à l’augmentation de la température de l’eau.

Durant cette mission, l’équipe Liégeoise était responsable des mesures liées à l’activité photosynthétique des microalgues qui vivent en symbiose avec les coraux. L’objectif était de déterminer si les capacités d’adaptation des coraux à ces nouvelles conditions environnementales étaient liées d’une part à des variations au niveau des mécanismes de fonctionnement de la photosynthèse et d’autre part, à des différences génétiques dans les populations de microalgues en symbiose. Ces résultats permettront de mieux comprendre et d’appréhender les capacités de résiliences des coraux face aux changements climatiques en cours. À l’heure actuelle les échantillons collectés à Palau sont toujours en cours d’analyse et le traitement de certaines données obtenues nécessitera un peu de temps car celles-ci seront intégrées aux analyses génétiques et biochimiques réalisées en parallèle par les collaborateurs étrangers.

A propos de la Fondation Tara

La Fondation Tara Expéditions, première fondation reconnue d’utilité publique consacrée à l’Océan, développe, grâce à la goélette Tara, une science de l’Océan ouverte, innovante et inédite devant permettre de prédire et mieux anticiper l’impact du changement climatique. Elle utilise cette expertise scientifique de très haut niveau pour sensibiliser et éduquer les jeunes générations mais aussi mobiliser les décideurs politiques et permettre aux pays en développement d’accéder à ces nouvelles connaissances. La Fondation Tara est Observateur spécial à l’ONU et participe activement aux Objectifs du Développement Durable de l’Agenda 2030 de l’ONU. Nous souhaitons de faire de l’Océan une responsabilité commune.

vid-img-1

Tara Pacific - Etudier l'adaptation des coraux au changement climatique

Une équipe de chercheurs du Centre Scientifique de Monaco, de l’Université Nice Sophia Antipolis et de l’Université de Liège ont réalisé une mission spécifique de 10 jours à bord de Tara, dans l’Etat de Koror, aux Palaos.

Contact

Stéphane ROBERTY

Pierre CARDOL

Partagez cette news