L'été au Musée

Marais à mangrove et forêts inondées

Nouvel espace à l'Observatoire du Monde des Plantes


In Campus Culture

Depuis quelques jours, la serre tropicale de l’Observatoire du Monde des plantes, au Sart Tilman, comporte un nouveau bassin qui permet de comprendre comment la végétation s’est adaptée aux conditions très particulières des zones inondées.

L'Observatoire du Monde des Plantes s’attache à présenter aux visiteurs les modes d’adaptation des espèces végétales à des conditions environnementales très diverses, via quatre serres spécifiques. Le nouveau bassin qui prend place dans la serre tropicale permet d’illustrer d’autres adaptations encore, avec d’autres plantes, certaines offertes par les jardins botaniques Jean-Marie Pelt de Nancy et national de Meise. 

Ce bassin veut présenter au public et aux écoles des végétaux étonnants qui ne se développent que dans les forêts littorales amphibies et dans les forêts tropicales ou subtropicales à l’intérieur des terres, inondées de manière temporaire (à la saison des pluies) ou permanente.  Dans chacun de ces deux types de forêts vit une végétation toute particulière, dont les espèces les plus emblématiques sont les palétuviers dans les mangroves et les fougères aquatiques Salvinia natans dans les forêts marécageuses intérieures.

Forêts littorales amphibies

Les forêts de mangrove, nommées marais à mangrove, se développent le long des côtes maritimes, des estuaires et aux affluents de certains fleuves, dans la zone de balancement des marées, régions inondées tout au long de l’année par intermittence, suivant l’alternance des marées hautes et basses.

Ces marais à mangrove sont méconnus et pour la plupart fragilisés, voire parfois menacés d’extinction à cause de l’activité humaine. Ils jouent cependant un rôle majeur dans l’écosystème, qui justifie amplement qu’on s’y intéresse. En effet, la mangrove participe à la stabilisation des côtes, elle constitue une barrière ou un frein aux conséquences diverses du réchauffement climatique, c’est un réservoir de biodiversité, notamment marine, qui contribue ainsi à renouveler les ressources de la pêche…

Le nom palétuvier désigne plus de 70 espèces d’arbres et arbustes des mangroves. Pour arriver à  vivre dans un environnement inondé de façon quasi permanente d’eau salée, ils ont développé des adaptations surprenantes.  Ils ont ainsi des racines échasses qui les ancrent au substrat meuble et instable, des pneumatophores, organes émergeant des racines qui permettent les échanges gazeux,  et aussi des glandes à sel au niveau des feuilles pour éliminer l’excédent d’ions.

Forêts marécageuses intérieures

La Salvinia natans, elle, est une petite fougère flottante présente dans les forêts marécageuses intérieures inondées de manière permanente, même après la saison des pluies, que l’on appelle en Amazonie forêts d’igapos. Pour pouvoir se maintenir à la surface de l’eau, la fougère retient une couche d’air sur ses frondes, grâce à de petits poils hydrophobes aux formes extrêmement compliquées permettant à l’eau de perler.

Cette particularité, appelée « effet salvinia » intéresse beaucoup les chercheurs qui tentent de mettre au point une surface biomimétique susceptible de retenir l’air sous l’eau d’après l’exemple de la fougère, notamment pour permettre aux bateaux de réduire leur frottement.

Salvinia-natans

Salvinia natans. Photo ©Patrick Motte

D'autres nouveautés à l'OMP

À côté de ce nouveau bassin de la serre tropicale, l’équipe de l’OMP réaménage divers parterres, que l’on peut déjà découvrir, en plus de quelques floraisons actuelles de diverses espèces : Utriculaires, Aristoloche, Passiflores, Ornithogales, Orchidées…

Et pour que les enfants puissent se défouler après la visite, l'OMP prépare une petite plaine de jeux dans un petit espace extérieur attenant. Cela devrait être prêt dans quelques semaines !

Bonne visite !

 

Site de l'Observatoire du Monde des Plantes

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