De passage à l'ULiège ce jeudi 5 février, Frédéric Bernard a partagé son parcours hors du commun devant un large public majoritairement composé d'étudiant·es. Il s'est également exprimé concernant les enjeux clés de la politique américaine contemporaine.
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istorien diplômé de la Faculté de Philosophie et Lettres (promotion 2003), Frédéric Bernard occupe aujourd'hui la fonction d'Ambassadeur de Belgique aux États-Unis. Il y représente Sa Majesté le Roi des Belges et le Gouvernement fédéral en tant que responsable de la direction et du fonctionnement de l'Ambassade et de ses Consulats. Ses missions couvrent notamment les relations politiques et économiques bilatérales, les services consulaires et la délivrance des visas.
Biographie officielle de FRÉDÉRIC BERNARD
Transmettre une passion, défendre l’Université
Catherine Lanneau, Professeure d'Histoire de Belgique et de ses relations internationales au sein du Département des sciences historiques de la Faculté de Philosophie et Lettres, a introduit la rencontre et remercié, non sans une certaine émotion, son ancien étudiant pour sa présence.
Après une première année de prise de fonction marquée par un climat géopolitique qu'on peut qualifier de tectonique, Frédéric Bernard a souhaité revenir dans son Alma mater pour y partager son parcours et transmettre à la génération de demain la passion qui l'anime au quotidien. En tant qu'Université pluraliste, l'ULiège est pour lui un pôle de liberté et un gage de qualité, ce qui n'est pas le cas pour l'ensemble des universités. Un lieu sacré de réflexion dans un monde qui va de plus en plus vite.
Prendre le temps d'apprendre
Il lui apparaît comme essentiel de prendre le temps d’apprendre, de lire, d’écouter, de se préparer, d’être attentif aux signaux, en s’alimentant de la recherche de sens et de la passion. Étudier prend du temps mais permet d'en gagner plus tard. Il ne vient pas d'une famille de diplomates et a effectué des petits jobs étudiants pour financer ses stages bénévoles. L’accès à une haute fonction étatique constitue donc un objectif accessible, à condition de faire preuve de persévérance et de bâtir un réseau solide.
Frédéric Bernard a conclu son intervention en citant les trois grands axes de changement en cours aux USA : la sécurité, la prospérité économique et les valeurs, le tout dans un contexte fortement polarisé et sous tension.
Les sciences historiques au cœur de l’engagement diplomatique
Après une allocution d'une trentaine de minutes, il a souhaité céder la parole aux étudiant·es présents en nombre dans la salle, dont de nombreux futurs historiens particulièrement honorés de pouvoir assister à ce moment exclusif dans le contexte académique d'une salle de cours. Le fait d'avoir partagé les (presque*) mêmes bancs illustre parfaitement l'importance de la formation en sciences historiques et son impact dans la diplomatie. Frédéric Bernard souligne notamment que toute tendance trouve son origine dans le passé et que l'historien, fort de sa capacité de décentrage et de son sens aigu de la précision, est particulièrement outillé pour comprendre l'autre, accepter la complexité du monde et avancer vers la meilleure direction possible.
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Les échanges avec les étudiant·es ne sont pas inclus dans cette captation.
Un échange ouvert avec les étudiant·es
Les interventions étaient riches et variées, questionnant à la fois les coulisses de sa fonction et la géopolitique mondiale. Frédéric Bernard s'est prêté à l'exercice avec beaucoup de plaisir, en gardant évidement un devoir de réserve et de discrétion quand cela le requérait.
« À l'étranger, l'identité belge est presque plus forte qu'en Belgique.
À Washington, on connaît la Belgique. Oui, on cite souvent le chocolat belge, les gaufres, la bière... Mais ce n'est pas rien. (...) La Belgique est le 9e investisseur au monde. Il y a donc une reconnaissance pour notre expertise. Il y a une crédibilité qui est très claire aux États-Unis et ça se construit. »Frédéric Bernard
La Pr Annick Delfosse, Doyenne de la Faculté de Philosophie et Lettres a clôturé la séance avant de diriger le public vers la salle des Professeurs pour un moment d'échange informel. Un moment de rencontre privilégié avec l'intervenant et les nombreux étudiant·es présents, dont une majorité d'entre eux issus de la Faculté de Droit, Science politique et Criminologie et de la Faculté de Philosophie et Lettres.
Frédéric Bernard : de l’ULiège au Capitole
Crédit : ULiège ©Arnaud Meulemans
Se former en histoire à l'ULiège ?