Depuis vendredi 10 mai après-midi, il y a un sit-in des étudiantes et étudiants solidaires de la Palestine dans le Hall d’entrée et la cafétéria du Bâtiment central de l’Université.
Ils ont pour revendications principales : le rappel de la position de l’ULiège face à un cessez-le-feu inconditionnel, le recensement des collaborations avec Israël, la publication de cette liste et le boycott total des universités israéliennes, qu’ils considèrent comme toutes complices de la politique du gouvernement de Netanyahou.
Nous tolérons ce sit-in à l’intérieur des murs sous certaines conditions : non-violence, non perturbation des activités académiques et respect des infrastructures. Nous saluons à ce jour le respect de ces conditions par les étudiantes et les étudiants de l’ULiège.
L’Université de Liège est solidaire d’une demande de cessez-le-feu immédiat.
- Dès le 2 novembre : elle condamnait toute forme de terrorisme, appelait à l’arrêt de la violence contre les civils, ainsi qu'à l’accès de ceux-ci aux ressources vitales, aux soins et à l’aide humanitaire. Force est de constater que malgré les condamnations internationales et plus récemment Ia prise de distance des États-Unis, le gouvernement israélien s’obstine dans sa stratégie de riposte disproportionnée et de destruction de Gaza, et refuse un cessez-le-feu permettant l’accès aux soins, à l’aide vitale et à l’aide humanitaire. Lire l'article
- Le 18 décembre : l’ULiège s’est engagée aux côtés des autres universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles à travers une motion interuniversitaire du Conseil des rectrices et recteurs (CRef) à suspendre les collaborations institutionnelles avec les organisations, quelle que soit leur origine, qui soutiennent de manière répétée ou sont directement impliquées dans les violations du droit international et des droits humains. Lire l'article
- Le 12 mars 2024 : l’Université de Liège condamnait la destruction délibérée par Israël des établissements d'enseignement et la discrimination permanente à l'encontre des étudiants et des collègues, qui forment une atteinte au droit à l’instruction, droit fondamental garanti par les conventions internationales des Droits de l’Enfant et des Droits de l’Homme». Lire l'article
- Le 19 mars 2024, le CRef condamnait les attaques ou destructions systématiques des institutions d’enseignement palestiniennes, et en particulier du système d’enseignement supérieur palestinien à Gaza. Lire l'article
À la suite de ces engagements, un screening des collaborations a été initié au sein de l’institution. Cet examen a permis de vérifier que l'Université de Liège n'est pas engagée dans des partenariats de type institutionnel avec Israël et elle n'a pas l'intention de s'y engager dans le contexte actuel.
L’université est par contre engagée dans des conventions de recherche multinationales financées notamment par l’Union européenne dont font partie dans certains cas des chercheuses et chercheurs israéliens. On comprendrait aisément que l’ULiège n’a ni le pouvoir de faire exclure par principe ces chercheurs ni le souhait de se retirer par principe de ces conventions multipartenaires.
Ce n’est donc pas « par principe » mais sur base d’une analyse au cas par cas que nous étudions les conditions éthiques de nos collaborations.
Une analyse approfondie des conventions de recherche est en cours. Elle est réalisée pour chaque convention active et future par un groupe de travail interne dédié à cette mission au sein de l’université. Nous proposons d’inclure dans ce groupe de travail un représentant des étudiants, choisi par la Fédé.
En ce qui concerne la publication de cette liste, outre les considérations d’ordre juridique, l’Université de Liège entend préserver l’autonomie, la liberté académique et la sécurité des chercheuses et chercheurs, quel que soit leur pays d’origine, d’autant que certains d’entre eux s’opposent à la politique de leurs gouvernements. Pour ces raisons, il ne peut donc être question de publier ce type de liste.
L’Université confirme par contre son engagement à suspendre sa collaboration avec les partenaires qui collaboreraient aux actes de guerre d’Israël contre la population gazaouis, qui soutiendraient ouvertement la politique du gouvernement Netanyahou ou qui ne respecteraient pas les droits humains internationaux. L’Université fera connaître son analyse aux partenaires européens.
L’évocation par les étudiant.es d’un projet spécifique (COPAC, « Coherent Optical PArallel Computing ») avec l’université hébraïque de Jérusalem a été relevé. Cette convention s’est terminée en 2021. Pour ce qui est du projet multinational « Human Brains », la convention de recherche a également pris fin il y a plusieurs années. Nous rappelons la mise en place depuis d’une analyse renforcée des aspects « dual use » au sein de l’Institution. Ceci devrait permettre d’éviter les détournements militaires de travaux de recherche auxquels nos chercheuses et chercheurs participeraient.
Nous vivons une période extrêmement difficile et douloureuse avec des situations de barbarie qui se multiplient. Il est clair que l’indifférence n’est pas la solution et qu’il est nécessaire de s’engager.
Cependant, la violence de la guerre ne peut sous aucune condition mener à la violence sur nos campus. Je compte sur vous pour qu’il en soit ainsi. Chaque membre de la communauté universitaire a le droit à la dignité et à la sécurité. Nos universités doivent rester un espace de dialogue, de tolérance et de solidarité entre les peuples et les cultures.
Par ailleurs, en tant qu’Université hospitalière, l’ULiège rappelle son engagement à être un lieu d’accueil pour les étudiantes et étudiants, les chercheuses et chercheurs, ainsi que les académiques, quel que soit leur origine, qui fuient la guerre ou dont le pays menace la vie.